Le 5 mai 1961, Alan Shepard, alors âgé de 37 ans, s’apprêtait à entrer dans l’histoire. Après un petit-déjeuner composé d’un filet mignon enveloppé de bacon, d’œufs brouillés et de jus d’orange, il s’installa à bord de la capsule Freedom 7, au sommet de la fusée Redstone. À 9h34, heure locale, le décollage eut lieu depuis Cap Canaveral, marquant le premier vol habité du programme Mercury.

Ce vol de 15 minutes et 22 secondes, culminant à 187 kilomètres d’altitude, fit de Shepard le premier Américain dans l’espace, seulement trois semaines après le vol historique de Youri Gagarine pour l’URSS. Bien que suborbital, cette mission prouva que les États-Unis pouvaient rivaliser avec l’Union soviétique dans la course spatiale, alors en pleine Guerre froide.

Shepard, dont le nom est aujourd’hui associé à cette prouesse, devint une figure emblématique de la NASA. Son vol, bien que court, fut un tournant : il démontra la capacité des États-Unis à envoyer un humain dans l’espace et à le ramener sain et sauf. Une étape cruciale pour la suite du programme spatial américain, qui mènera plus tard à l’alunissage de 1969.

Soixante-cinq ans plus tard, son héritage perdure. Le programme Artemis, visant à renvoyer des astronautes sur la Lune d’ici 2026, s’inscrit dans la continuité de cette ambition née avec Mercury. Shepard lui-même reviendra dans l’espace en 1971, à bord d’Apollo 14, où il marchera sur la Lune.

Un demi-siècle après son vol historique, son exploit reste un symbole de détermination et d’innovation, rappelant que l’espace est un terrain de compétition, mais aussi de coopération internationale.

Source : The Verge