Le Washington Post, autrefois l’un des journaux les plus prestigieux des États-Unis, subit une mutation radicale sous l’impulsion de son propriétaire, Jeff Bezos. Le milliardaire, qui a racheté le titre en 2013, semble avoir abandonné l’ambition journalistique d’excellence pour en faire un média conservateur et terne, au service d’une ligne éditoriale alignée sur les valeurs du libertarianisme économique.
Une refonte éditoriale contestée
Cette transformation s’accompagne d’un licenciement massif de journalistes et d’une réorientation de la section opinion. Celle-ci a désormais pour mission affichée de promouvoir les « libertés individuelles et les marchés libres » – une orientation qui contraste fortement avec la tradition d’investigation et de diversité des points de vue qui faisait la réputation du journal.
Résultat : la qualité des contenus s’est effondrée. Les articles publiés dans cette section sont désormais ennuyeux, répétitifs et dépourvus d’originalité, comme si le journal avait renoncé à son rôle de média d’intérêt public pour devenir un simple relais d’opinions prévisibles.
Un podcast symptomatique de cette dérive : *Make It Make Sense*
Pour couronner le tout, le Washington Post a lancé un podcast intitulé *Make It Make Sense*, qui pousse l’art de l’ennui à son paroxysme. L’émission, présentée comme une tentative de créer un lien parasocial avec son audience, repose sur un concept pour le moins discutable : mettre trois personnes sans envergure dans une pièce pour discuter de sujets qui n’intéressent personne.
Les extraits disponibles sur le compte Bluesky du podcast, qui ne compte que 27 abonnés à ce jour, en sont la parfaite illustration. Dans un épisode récent, les animateurs s’écharpent avec une énergie désespérée sur la fermeture des écoles pendant la pandémie de Covid-19 en 2026 – un sujet qui, soit dit en passant, n’a plus aucun lien avec l’actualité.
« Le Washington Post n’est plus qu’une coquille vide, un outil au service des caprices de Bezos plutôt qu’un média digne de ce nom. »
Une stratégie risquée pour un journal en déclin
Cette orientation éditoriale, dictée par les intérêts financiers de Bezos plutôt que par une vision journalistique, soulève des questions sur l’avenir du titre. Alors que le paysage médiatique américain peine à se renouveler, le Washington Post semble avoir choisi la facilité : abandonner toute ambition intellectuelle pour séduire une niche conservatrice et peu exigeante.
Pour ses détracteurs, cette stratégie est un aveu d’échec. Le journal, autrefois symbole de rigueur et d’indépendance, est désormais perçu comme un simple véhicule d’opinions partisanes, loin de sa mission originelle.