Une vidéo spectaculaire circulant sur les réseaux sociaux montre des soldats ukrainiens abattant des drones russes à l’aide de carabines, penchés hors d’avions à hélice soviétiques. Ce cliché, qui rappelle les combats aériens de la Première Guerre mondiale, a suscité l’attention du public et des médias internationaux.
Les images, partagées la semaine dernière, révèlent des militaires visant les drones avant d’ouvrir le feu. Les projectiles atteignent leurs cibles, provoquant des explosions enflammées qui s’apparentent à des scènes de jeux vidéo de guerre.
Face à la prolifération de fausses informations sur le conflit en Ukraine, certains pourraient douter de l’authenticité de cette vidéo. Pourtant, comme le rapporte le Wall Street Journal, ces images correspondent à une réalité bien concrète. Elles illustrent l’évolution de la guerre des drones, où la technologie du XXIe siècle se heurte à des méthodes de combat rapproché datant du siècle dernier.
Selon des sources au sein de l’armée ukrainienne citées par le quotidien, la 11e brigade d’aviation de l’armée ukrainienne a détruit des dizaines de drones russes en utilisant des avions à hélice Yak-52, des appareils datant des années 1970 initialement conçus pour l’entraînement acrobatique. Les soldats, équipés de carabines et de fusils de chasse, se penchent hors de ces appareils pour abattre les drones à bout portant.
Ces avions, bien moins coûteux à exploiter que les chasseurs F-16 également utilisés pour neutraliser des drones, offrent une alternative économique et efficace. Les militaires ukrainiens ont même adopté une tradition inspirée des pilotes de la Seconde Guerre mondiale : peindre sur les flancs des appareils les drones abattus.
Malgré leur ancienneté, ces avions à hélice parviennent à intercepter les drones iraniens Shahed, chargés d’explosifs, pilotés par les forces russes. Leur agilité leur permet de s’approcher à quelques centaines de mètres des cibles, offrant aux soldats une occasion de tirer avec leurs armes légères.
Cette méthode n’est pas sans danger. Les défenses aériennes russes peuvent facilement abattre ces appareils non motorisés, exposant ainsi les pilotes ukrainiens à des risques élevés. Pourtant, malgré ces dangers, cette approche anachronique semble porter ses fruits.
« Aujourd’hui, nous disposons de technologies de pointe, et pourtant, je me retrouve toujours penché hors du cockpit à tirer sur des drones avec un fusil de chasse », a confié un mécanicien devenu tireur au Wall Street Journal.
Un utilisateur de Reddit a résumé cette stratégie par une phrase : « Parfois, les problèmes modernes nécessitent des solutions anciennes. »
Cette méthode illustre une fois de plus l’ingéniosité des forces ukrainiennes face à un adversaire mieux équipé. Malgré des moyens limités, elles parviennent à s’adapter et à innover, même avec des moyens rudimentaires.