ROCKY HILL, Connecticut — Bill Collins s’apprête à épandre de l’engrais sur les champs de Fairweather Growers, une exploitation agricole du Connecticut. Mais cette année, ses plans ont changé. En raison de la hausse des prix du carburant et des engrais, directement liée à la guerre en Iran, l’exploitation a décidé de réduire sa production de 20 %.

Cette décision reflète une tendance plus large aux États-Unis, où les agriculteurs subissent de plein fouet les répercussions économiques du conflit. Les coûts de production, déjà élevés, ont encore augmenté, forçant certains à ajuster leurs stratégies.

Les engrais, dont les prix ont bondi de plus de 30 % depuis le début des hostilités, représentent un poste de dépense majeur pour les exploitations. De même, le carburant, essentiel pour les machines agricoles, coûte désormais 25 % plus cher qu’avant la guerre. Ces hausses pèsent lourdement sur les marges des agriculteurs, déjà fragilisées par les fluctuations des prix des denrées.

Un impact en cascade sur l’agriculture américaine

Les répercussions ne se limitent pas aux coûts directs. Les retards de livraison et les pénuries ponctuelles de certains intrants agricoles aggravent la situation. Les transporteurs, confrontés à des coûts logistiques en hausse, répercutent ces augmentations sur les prix finaux.

« Nous devons faire des choix difficiles », explique Collins. « Réduire la production, c’est aussi limiter nos pertes, mais cela signifie moins de revenus pour l’exploitation et pour les travailleurs saisonniers. » Certains agriculteurs envisagent même de convertir des terres arables en pâturages ou de réduire les surfaces cultivées pour limiter les pertes.

Des solutions à court terme, mais un avenir incertain

Face à cette crise, certains producteurs se tournent vers des alternatives, comme les engrais organiques ou les techniques d’agriculture durable, moins dépendantes des intrants chimiques. Cependant, ces solutions nécessitent des investissements initiaux importants et ne sont pas accessibles à tous.

Les associations agricoles appellent à des mesures d’urgence pour soutenir le secteur. « Sans aide immédiate, de nombreuses exploitations pourraient être contraintes de mettre la clé sous la porte d’ici la fin de l’année », alerte un porte-parole de l’American Farm Bureau Federation.

Le gouvernement américain, de son côté, étudie des pistes pour atténuer l’impact, comme des subventions temporaires ou des allègements fiscaux. Mais pour l’instant, les agriculteurs restent dans l’expectative, incertains de l’évolution du conflit et de ses conséquences sur leur activité.