Une technologie controversée en développement

Des documents financiers obtenus par le journaliste indépendant Ken Klippenstein révèlent que l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) développe une plateforme de reconnaissance faciale intégrée à des lunettes intelligentes, inspirée des technologies commerciales comme les lunettes Meta.

Ces lunettes permettront aux agents d'accéder en temps réel à des bases de données biométriques fédérales, même pour des individus non arrêtés ou non inculpés. Un document budgétaire de l'ICE précise :

« Le projet fournira du matériel innovant, comme des prototypes opérationnels de lunettes intelligentes, pour équiper les agents de capacités d'identification biométrique et d'accès à l'information en temps réel sur le terrain. »

Une surveillance étendue à tous les Américains

Des sources au sein du Department of Homeland Security (DHS) ont confirmé à Klippenstein que cette technologie ne se limite pas à la lutte contre l'immigration illégale. Un avocat anonyme du DHS a déclaré :

« On peut présenter cela comme une recherche d'étrangers en situation irrégulière dans la rue, mais en réalité, cette orientation concerne tous les Américains, en particulier les manifestants. »

Des précédents inquiétants

Cette révélation intervient après qu'un agent de l'ICE dans le Maine a admis avoir scanné le visage de manifestants avec son téléphone en mai dernier. Il aurait déclaré à un couple documentant les activités de l'agence :

« Nous avons une petite base de données bien pratique, et maintenant vous êtes considérés comme des terroristes domestiques. »

En octobre, 404 Media avait déjà rapporté que des agents de l'ICE utilisaient la reconnaissance faciale pour vérifier la citoyenneté de personnes, souvent choisies de manière aléatoire. Cette pratique contraste avec les promesses de l'administration Trump d'une application ciblée contre les criminels connus.

Vers un État de surveillance généralisée ?

Ce projet s'inscrit dans une tendance plus large de renforcement des outils de surveillance aux États-Unis. Initialement présentée comme un moyen de lutter contre l'immigration illégale, cette technologie pourrait rapidement s'étendre à l'ensemble de la population. Une fois déployée, son retrait serait presque impossible, comme l'ont montré les précédents en matière de surveillance intérieure et d'application des lois migratoires.

Autres cas de reconnaissance faciale controversés

  • Madison Square Garden aurait utilisé la reconnaissance faciale pour traquer une femme trans pendant deux ans.

Cette technologie soulève des questions majeures sur la vie privée et les libertés individuelles aux États-Unis.

Source : Futurism