SAN FRANCISCO — Sam Altman, figure emblématique de l’intelligence artificielle et PDG d’OpenAI, tente de transformer une nécessité technique en un phénomène culturel. Son projet, le World ID, vise à prouver de manière infaillible que vous êtes bien un être humain — et non un bot ou une intelligence artificielle déguisée.

L’outil repose sur une technologie de reconnaissance faciale et irienne, déployée via un dispositif nommé l’Orb. Disponible dans certains centres commerciaux ou événements, cet appareil scanne les traits uniques de votre visage et de vos iris pour générer une credential numérique. Une alternative aux CAPTCHA, ces tests fastidieux qui, depuis près de 30 ans, servent à distinguer les humains des machines.

Mais pourquoi une telle urgence ? Les deepfakes et les bots deviennent si sophistiqués qu’ils permettent déjà des arnaques financières massives. Selon Matthew Prince, PDG de Cloudflare, les bots pourraient même dépasser en nombre les humains sur internet dès l’année prochaine. Une perspective qui rend la vérification d’identité humaine plus cruciale que jamais.

Fondée en 2019 par Altman, Alex Blania et Max Novendstern, Tools for Humanity (TFH) — l’entreprise derrière le World ID — a récemment dévoilé sa plateforme version 4.0 lors d’un événement à San Francisco. Parmi les annonces marquantes : des partenariats avec des géants comme Zoom, DocuSign et Tinder, qui intégreront le World ID dans leurs applications pour renforcer la sécurité.

Le système propose désormais plusieurs méthodes de vérification :

  • Une option basée sur un selfie, pour les situations où une certitude absolue n’est pas requise.
  • Un mécanisme anti-bots pour empêcher les achats massifs de billets de concert.
  • Une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de déléguer des tâches à leurs agents personnels, tout en distinguant les bons bots des malveillants.

DocuSign, leader des signatures électroniques, intègre désormais le World ID comme option de vérification. Une avancée majeure pour un outil qui, jusqu’ici, peinait à se positionner clairement. Initialement présenté comme une solution pour « un système économique plus juste », TFH avait même créé sa propre cryptomonnaie — une initiative aujourd’hui reléguée au second plan.

Avec 18 millions de World ID déjà délivrés, l’entreprise cherche désormais à populariser son approche. « À terme, chaque application et site web devra utiliser un système comme le World ID pour se protéger et protéger ses utilisateurs », estime Tiago Sada, directeur produit de TFH.

Face à l’essor des IA agentiques et des fraudes en ligne, cette technologie pourrait bien devenir un pilier de l’internet de demain.