Une étude scientifique majeure publiée dans la revue Science met en lumière les conséquences exceptionnelles du glissement de terrain et du tsunami qui ont frappé le fjord Tracy Arm en Alaska le 10 août 2025. Menée par Shugar et al. (2026), cette analyse approfondie offre des perspectives cruciales pour la gestion des risques dans un contexte de tourisme croissant et de changement climatique accéléré.

Disponible en accès libre, l'étude permet d'examiner en détail les mécanismes et les impacts de cet événement. Bien que des articles aient déjà été publiés sur ce sujet, l'étude de Shugar et al. (2026) constitue la référence scientifique la plus complète à ce jour. Pour une analyse complémentaire, l'AGU Eos propose un article explicatif particulièrement détaillé.

Un phénomène connu, mais aux conséquences inédites

Les glissements de terrain dans les fjords ne sont pas rares, et leur capacité à générer des vagues dévastatrices est bien documentée. Cependant, cette étude se distingue par son approche systématique et exhaustive, révélant l'ampleur des menaces associées à ces événements. Le tsunami consécutif au glissement de terrain a atteint une hauteur de 481 mètres, un record qui aurait pu avoir des conséquences catastrophiques en présence de navires de croisière ou de touristes.

Heureusement, aucun décès n'a été déploré. Pourtant, la proximité d'un grand paquebot, avec des passagers débarquant en petits bateaux pour explorer les côtes, aurait pu entraîner une tragédie d'une ampleur sans précédent. Cette menace a d'ailleurs poussé les compagnies de croisière à revoir leurs itinéraires dans la région.

Une menace sous-estimée

L'USGS a partagé des images aériennes de la zone touchée, illustrant l'ampleur du phénomène. Le glissement de terrain a laissé une cicatrice de plus de 1 000 mètres de haut sur le flanc de la montagne, avec un volume subaérien dépassant les 63 millions de mètres cubes. Sur la photo, on distingue clairement le côté nord du fjord Tracy Arm, où la roche plus claire révèle l'endroit où la montagne s'est effondrée dans l'eau. Le pied du glacier South Sawyer est visible en bas à droite, rappelant que, par le passé, la glace s'étendait bien plus loin et maintenait les pentes rocheuses en place.

Des risques accrus avec le changement climatique

L'étude de Shugar et al. (2026) consacre une section entière aux implications de cet événement. Les fjords, zones d'activité humaine intense (communautés locales, pêche, tourisme), sont particulièrement vulnérables. Les chercheurs soulignent que ces glissements de terrain sont plus fréquents au printemps et en été, périodes où la fréquentation humaine est maximale. La résilience face à des vagues de tsunami de plusieurs centaines de mètres reste faible, comme en témoigne le risque potentiel dans le fjord Milford Sound en Nouvelle-Zélande, où un séisme pourrait déclencher un glissement de terrain aux conséquences dramatiques.

« Les fjords sont des environnements où l'activité humaine est intense, mais leur vulnérabilité face aux glissements de terrain et aux tsunamis est souvent sous-estimée. Cette étude rappelle l'urgence d'adapter les stratégies de prévention et de gestion des risques. »

Face à ces constats, les autorités et les acteurs du tourisme doivent repenser leurs approches pour protéger les populations et les infrastructures dans ces zones à haut risque.