Un tribunal d'appel du Texas a temporairement bloqué le transfert d'Infowars, l'empire médiatique conspirationniste d'Alex Jones, à un administrateur judiciaire fédéral. Dans une décision rendue en urgence mercredi soir, les juges ont refusé de valider immédiatement cette cession, en attendant la suite des procédures judiciaires.

Cette décision met en péril l'accord conclu entre Global Tetrahedron, maison mère de The Onion, et l'administrateur judiciaire Gregory S. Milligan. Ce dernier avait signé un protocole d'entente permettant à une nouvelle entité créée par Global Tetrahedron de louer les locaux et les actifs intellectuels d'Infowars. Cependant, cette transaction devait encore être validée par un juge.

Les avocats de Milligan avaient souligné, dans une motion déposée la semaine dernière, que les familles des victimes de Sandy Hook, à qui Jones doit plus d'un milliard de dollars en dommages et intérêts pour diffamation, soutenaient cet accord. Pourtant, à ce jour, aucun paiement n'a été effectué aux familles lésées.

Selon les documents judiciaires, le loyer mensuel des studios d'Infowars s'élève à 81 000 dollars. Or, Alex Jones a révélé sur X (ex-Twitter) que l'administrateur judiciaire ne payait plus ni le loyer ni les autres factures liées aux locaux. L'empire conspirationniste devrait donc cesser ses émissions dès aujourd'hui, faute de fonds.

Jones, qui menace de fermer Infowars depuis des années, a promis de reprendre immédiatement les diffusions depuis un nouveau studio. Il a également lancé un nouveau site, Real Alex Jones, où il vend des produits et sollicite des dons pour maintenir ses activités. Mercredi soir, il a salué la décision du tribunal sur X, déclarant :

« Nous rendons grâce à Dieu et aux supporters d'Infowars pour leur résistance face à ces misérables lâches. »

Il a également redirigé son audience vers un nouveau site web, tout en précisant qu'il ne s'agissait pas d'Infowars. « Je suis l'Infowar. Vous êtes l'Infowar », a-t-il affirmé. Fidèle à son style, il a ensuite accusé, sans preuve, le FBI et la CIA d'être à l'origine des poursuites judiciaires qui le visent.

Cette nouvelle étape s'inscrit dans une longue série de déboires juridiques pour Jones et Infowars. En 2022, l'entreprise avait déposé le bilan après avoir perdu plusieurs procès en diffamation intentés par les familles des victimes de Sandy Hook. Jones avait longtemps nié la réalité de la tuerie, avant de reconnaître partiellement ses erreurs.

Malgré les jugements rendus contre lui, les familles des victimes n'ont toujours pas reçu un centime des plus d'un milliard de dollars qui leur sont dus.