Une tentative d'abrogation partielle de la loi sur le droit à la réparation au Colorado a échoué, confirmant ainsi la protection des consommateurs dans l'État. La proposition, SB26-090, aurait pu affaiblir les droits des utilisateurs à réparer leurs appareils électroniques, une avancée majeure entrée en vigueur en 2026.

Une loi historique préservée

Adoptée en 2024 et effective depuis janvier 2026, la loi Consumer Right to Repair Digital Electronic Equipment garantit aux habitants du Colorado un accès aux outils et à la documentation nécessaires pour réparer leurs appareils numériques, tels que smartphones, ordinateurs et routeurs Wi-Fi. Cette législation avait été saluée comme une référence nationale pour le mouvement du droit à la réparation.

Une proposition jugée trop large et ambiguë

Le texte SB26-090, introduit le 2 avril lors d'une audition au Sénat du Colorado, prévoyait une exception majeure à cette loi en exemptant les équipements considérés comme « infrastructures critiques ». Cependant, ce terme, jugé trop vague, a suscité l'inquiétude des défenseurs du droit à la réparation. Ceux-ci craignaient que cette clause ne permette aux entreprises technologiques d'échapper à leurs obligations en qualifiant presque n'importe quel appareil d'infrastructure critique.

Un rejet après un débat houleux

Soutenu par des géants comme Cisco et IBM, le projet de loi avait d'abord obtenu un vote unanime lors de son audition initiale. Il avait ensuite été adopté par le Sénat du Colorado le 16 avril. Cependant, lors de l'audition décisive à la Chambre des représentants, prévue le 19 mai, le texte a été rejeté par 7 voix contre 4, avec une motion de report indéfini.

Des milliers de citoyens mobilisés

L'audition, initialement prévue pour être courte, s'est transformée en un débat de plusieurs heures, avec des dizaines de partisans et d'opposants venus exprimer leur avis. Les défenseurs du droit à la réparation ont souligné l'importance de cette loi pour les consommateurs, tandis que les entreprises technologiques ont défendu leur position en invoquant des préoccupations de sécurité et de propriété intellectuelle.

Un signal fort pour les autres États

Pour les militants, ce rejet envoie un message clair aux autres États américains : les tentatives des grandes entreprises pour affaiblir les lois sur le droit à la réparation pourraient rencontrer une forte résistance. « Le Colorado a montré la voie en 2024, et aujourd'hui, il confirme son engagement en faveur des droits des consommateurs », a déclaré un porte-parole de l'association Repair.org.

Cette victoire est perçue comme un encouragement pour les États envisageant d'adopter des lois similaires, alors que le mouvement pour le droit à la réparation gagne en influence aux États-Unis.