GREENBELT, Maryland — La NASA a présenté mardi aux médias le télescope spatial Nancy Grace Roman (NGRST), entièrement assemblé et prêt pour son lancement prévu en septembre. Ce nouvel observatoire spatial rejoindra les rangs des grands télescopes en orbite, comme Hubble et Webb, mais avec une approche radicalement différente.

Contrairement à ses prédécesseurs, le NGRST est conçu pour offrir un champ de vision ultra-large et un système d'imagerie massif. Chaque jour, il transmettra 1,4 téraoctet de données vers la Terre, une quantité sans précédent pour un télescope spatial.

Une conception unique et une histoire insolite

Le NGRST porte le nom de Nancy Grace Roman, figure clé de la planification du télescope Hubble. Mais son histoire est encore plus surprenante : son développement a bénéficié de matériel espion en surplus de la NASA. Une partie de ses composants provient en effet de télescopes initialement conçus pour des missions de renseignement.

Cette utilisation de technologies existantes a permis de réduire les coûts et d'accélérer le calendrier. Résultat : le télescope est prêt huit mois avant la date initialement prévue et sous le budget alloué.

L'astronomie infrarouge, un défi relevé

L'atmosphère terrestre absorbe une grande partie des longueurs d'onde infrarouges, rendant les observations depuis le sol quasi impossibles. Pourtant, ces longueurs d'onde sont essentielles pour étudier les premières galaxies, les atmosphères des exoplanètes et d'autres phénomènes cosmiques.

Le NGRST a été spécialement conçu pour contourner cette limitation. Avec une sensibilité accrue dans l'infrarouge, il permettra d'explorer des régions de l'univers jusqu'ici inaccessibles.

« Ce télescope va ouvrir une nouvelle ère dans l'observation de l'univers, en particulier dans l'infrarouge. »
— Responsable scientifique du projet, NASA

Des objectifs ambitieux pour la science

Parmi les missions clés du NGRST figurent :

  • L'étude des premières galaxies formées après le Big Bang ;
  • La recherche de signes de vie dans les atmosphères des exoplanètes ;
  • La cartographie de la matière noire dans l'univers ;
  • L'observation des étoiles et systèmes planétaires en formation.

Avec une durée de vie prévue de cinq ans (extensible à dix), le NGRST devrait fournir des données révolutionnaires pour des décennies.