Il y a quelques semaines, en découvrant la bande-annonce de Les Détectives à la Laine, j’ai vécu ce que beaucoup décrivent comme une expérience universelle. Hugh Jackman, incarnant George, un berger bienveillant, lisait des romans policiers à son troupeau de moutons animés d’une réalisme saisissant. Le concept, à la fois étrange et attachant, m’a immédiatement intrigué. Puis, quand j’ai appris que George était assassiné et que son troupeau se lançait dans l’enquête, j’ai trouvé l’idée déconcertante. L’arrivée d’Emma Thompson, vêtue avec élégance en tant qu’avocate spécialisée dans les successions, révélant l’immense fortune de George, m’a laissé perplexe : comment a-t-on convaincu une actrice de ce calibre de participer à ce film ? Et quand un mouton déclare à un autre qu’il est, en réalité, « un détective à la laine », j’ai ri de cette réplique aussi absurde que le titre du film.

Pourtant, Les Détectives à la Laine ne m’a plus quitté. En marchant dans la rue, le titre me revenait en tête, me faisant sourire. Quand un ami m’a proposé de choisir un film, je l’ai suggéré avec une pointe d’ironie, avant de ressentir une vraie déception lorsqu’il a décliné. Puis, les rumeurs ont commencé : des connaissances lointaines partageaient sur Instagram des stories où elles avouaient avoir pleuré en regardant… Les Détectives à la Laine. Quelqu’un a fini par accepter de m’accompagner par pitié, tant je parlais du film. Cette semaine, j’ai donc assisté à une séance de 14 heures, entourée d’une poignée de retraités. Deux heures plus tard, les yeux rouges et gonflés, j’ai réalisé que j’avais, comme tant d’autres avant moi, sous-estimé ce film. La laine était tombée de mes yeux : Les Détectives à la Laine est une œuvre remarquable. Emma Thompson n’aurait jamais prêté son talent à un projet médiocre.

Certains pourraient se demander : ce film représente-t-il fidèlement la vie des moutons ? Pas vraiment. Mais ce n’est pas son objectif. Les Détectives à la Laine ne parle pas de moutons. Il parle de détectives à la laine, et il le fait avec brio.

« Ce film prouve qu’il ne faut jamais juger un livre – ou un film – à sa couverture. »
Source : Defector