L'industrie de l'intelligence artificielle (IA) traverse une période difficile. Malgré des promesses d'investissements dépassant les centaines de milliards de dollars pour construire des centres de données géants, les ambitions de l'IA peinent à se concrétiser. Selon des informations récentes de Bloomberg et d'Ed Zitron, près de la moitié des centres de données prévus aux États-Unis sont soit retardés, soit annulés. Les pénuries massives de composants électriques et l'envolée des coûts ont ralenti l'expansion de l'infrastructure, frustrant les dirigeants technologiques.
OpenAI mise sur la puissance brute
Dans ce contexte, chaque acteur de l'IA tente de maintenir l'enthousiasme autour de ses projets. Mais OpenAI se distingue en transformant l'autopromotion en une véritable stratégie. Selon un mémo obtenu par Bloomberg, l'entreprise annonce son intention de disposer de 30 gigawatts de puissance de calcul d'ici 2030. Une capacité suffisante pour alimenter plus de 22 millions de foyers américains. À titre de comparaison, son rival Anthropic prévoit seulement 7 à 8 gigawatts d'ici fin 2027.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2025, OpenAI disposait de 1,9 gigawatt de capacité, tandis qu'Anthropic en avait 1,4 gigawatts. Le mémo d'OpenAI souligne :
« Même à la limite haute de cette fourchette, notre rythme est matériellement en avance et s'élargit. »
L'entreprise justifie cette avance en affirmant qu'elle ajoute de la capacité de calcul « rapidement et de manière constante ». Elle ajoute :
« Cet écart compte, car la puissance de calcul est désormais un facteur limitant pour les produits. »
Pourtant, cette annonce ne révèle aucune innovation technologique majeure. Il s'agit simplement d'une stratégie de puissance brute, visant à surpasser la concurrence par la quantité plutôt que par la qualité.
Anthropic réplique avec prudence
Le mémo d'OpenAI a été envoyé peu après qu'Anthropic ait présenté son dernier modèle, Claude Mythos. Certains employés de l'entreprise ont exprimé des craintes quant à sa puissance, jugée trop risquée pour la cybersécurité si elle était déployée en totalité. En réponse, Anthropic a publié un communiqué pour contrer les affirmations d'OpenAI. L'entreprise met en avant un accord récent avec Broadcom et Google, soulignant une approche « disciplinée » de l'expansion de son infrastructure.
Anthropic déclare :
« Nous faisons notre engagement le plus important à ce jour pour suivre cette croissance sans précédent. »
Un pari risqué pour OpenAI
OpenAI, sous la direction de Sam Altman, affiche une ambition démesurée : elle prévoit de dépenser 600 milliards de dollars pour son infrastructure d'ici 2030. Un montant bien inférieur aux 1 000 milliards initialement promis. Cette stratégie intervient alors que l'entreprise se prépare à une introduction en bourse (IPO) très attendue, dans un contexte où les investisseurs deviennent de plus en plus nerveux.
Les deux entreprises partagent un objectif commun : plus de puissance de calcul équivaut à des modèles d'IA plus performants. Comme l'écrit OpenAI dans son mémo :
« Chaque nouvelle génération d'infrastructure nous permet de former des modèles plus capables, rendant chaque token plus intelligent que le précédent. »
Pourtant, cette course effrénée vers la puissance de calcul soulève des questions sur la durabilité et l'efficacité de ces investissements colossaux.