Le quarterback des Raiders de l'Indiana, Fernando Mendoza, n'a pas participé à la visite de son équipe à la Maison-Blanche ce lundi. Une absence que le président Donald Trump n'a pas manqué de souligner lors de son discours.
« La raison pour laquelle il n'est pas là, c'est qu'il est très gentil. Il a même appelé parce qu'il est en fait… il est un grand fan du nôtre », a déclaré Trump. « Vous ne le croiriez pas, car il n'est pas venu. Je ne suis pas content, mais c'est bon. La raison pour laquelle il n'est pas là, c'est qu'il est en stage d'entraînement de printemps, n'est-ce pas ? »
Mendoza, qui effectuait sa première journée de stage, a justifié son absence par des obligations professionnelles. Trump a ajouté : « Je lui ai dit : 'Tu devrais y aller.' Mais il est devenu le premier joueur de l'Indiana à… sinon, si ce n'était pas pour ça, croyez-moi, je n'aurais même pas parlé de lui. Je ne l'aurais pas fait. S'il n'était pas là pour d'autres raisons, comme s'il n'aimait pas Trump ou s'il ne voulait pas venir, je ne l'aurais même pas mentionné. J'aurais parcouru tout [mon discours] — j'aurais parlé de la grandeur [de l'équipe], mais je n'aurais même pas cité le nom du quarterback. »
Une politique de loyauté exigeante
Cette attitude illustre une stratégie bien connue du président américain : il récompense ceux qui lui manifestent leur soutien et critique ouvertement ceux qui s'en abstiennent, ou qui sont perçus comme en désaccord avec ses politiques ou sa vision de la fonction présidentielle.
Cette approche a instauré une culture de sensibilité extrême à travers le pays. Toute personne exprimant un désaccord légitime est rapidement étiquetée, sans que la pertinence de ses arguments ne soit prise en compte. Pour reprendre les mots de Trump, c'est « triste ! ». Plus précisément, c'est épuisant.
Cette dynamique rend impossible toute résolution raisonnable des différends. Au lieu d'aborder les arguments de fond, ceux qui refusent de se soumettre à la ligne du parti sont immédiatement discrédités. Cela permet à ceux qui détiennent le pouvoir de marginaliser les voix critiques, tout en s'entourant de soutiens inconditionnels.
Peu importe si ces soutiens croient réellement aux propos qu'ils tiennent. L'important est de dire ce qu'il faut, au bon moment. Quiconque s'écarte de cette ligne est attaqué, rabaissé, voire menacé, ouvertement ou de manière subtile.
Certains résisteront à cette pression. D'autres non. Mais au final, chacun doit trouver un moyen de vivre avec lui-même, chaque matin, face à son propre reflet.
Une tendance qui dépasse le sport
Cette affaire dépasse le cadre du sport. Elle reflète une tendance plus large dans la société américaine, où la loyauté politique semble primer sur le mérite ou l'intégrité. Les personnalités publiques, qu'elles soient sportives, politiques ou médiatiques, sont désormais jugées non seulement sur leurs actions, mais aussi sur leur allégeance affichée.
« La loyauté devient une condition sine qua non pour être reconnu, tandis que la dissidence est systématiquement étouffée. »