Menaces de retrait militaire : Trump sanctionne l'Europe pour son manque de soutien

Donald Trump a de nouveau menacé de retirer des troupes américaines stationnées en Europe, cette fois en Italie et en Espagne. Lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, le président américain a justifié sa décision par le manque de soutien de ces pays face à la crise iranienne et au blocus du détroit d'Ormuz.

Quelques heures plus tôt, Trump avait déjà évoqué un possible retrait partiel des forces américaines d'Allemagne, critiquant ouvertement le chancelier allemand Friedrich Merz. Interrogé sur une éventuelle extension de cette mesure à l'Italie et à l'Espagne, il a répondu : « Probablement. Je le ferai probablement. Pourquoi pas ? »

Des alliés « horribles » selon Trump

Le président américain n'a pas mâché ses mots pour décrire le rôle de l'Italie et de l'Espagne dans le conflit avec l'Iran. « L'Italie ne nous a absolument pas aidés, et l'Espagne a été horrible. Absolument horrible. Tout comme l'OTAN », a-t-il déclaré.

Trump a également critiqué le soutien apporté par les États-Unis à l'Ukraine, qualifiant l'aide américaine de « désastre total ». Selon lui, l'Europe n'a pas été à la hauteur lorsque les États-Unis ont eu besoin d'elle, notamment dans le dossier iranien. « Nous n'avons eu besoin de personne pour l'Iran. Nous avons réglé le problème dès le premier jour », a-t-il affirmé, une déclaration en contradiction avec la réalité, la guerre en Iran en étant à sa huitième semaine sans issue en vue.

Une crise énergétique mondiale aggravée par le conflit

Le blocus du détroit d'Ormuz, imposé par l'Iran en réponse aux sanctions occidentales, a provoqué une crise énergétique mondiale, faisant flamber les prix du pétrole et du gaz. Malgré les appels répétés de Washington à une intervention internationale pour rétablir la liberté de navigation, les alliés européens ont jusqu'à présent refusé de s'engager.

Trump a révélé que les États-Unis avaient proposé la création d'une coalition internationale pour sécuriser le détroit, mais que « dans tous les cas, ils ont répondu : ‘Nous ne voulons pas nous impliquer’ ».

Un retrait militaire déjà envisagé en 2020

La menace de Trump de retirer des troupes d'Allemagne avait déjà suscité l'inquiétude au Pentagone en 2020. À l'époque, il avait proposé de retirer 12 000 soldats pour sanctionner Berlin, jugé trop peu dépensier en matière de défense. Cette décision n'avait finalement pas été mise en œuvre.

« Le département de la Défense n'était pas préparé à cette annonce et n'avait prévu aucun retrait. Mais il faut le prendre au sérieux, car il l'avait déjà fait lors de son premier mandat. »

— Un collaborateur du Congrès, cité par Politico

Conséquences d'un retrait américain en Europe

Une réduction des effectifs américains en Europe affaiblirait la position de l'OTAN face à la Russie et compliquerait la gestion des crises en Méditerranée et au Moyen-Orient. Les alliés européens, déjà divisés sur la question ukrainienne, pourraient voir leur crédibilité encore érodée.

Les déclarations de Trump interviennent alors que les tensions avec l'Iran restent à leur comble, et que les États-Unis cherchent à mobiliser une réponse internationale face aux provocations de Téhéran.