La chasse aux grands animaux, autrefois pratiquée pour se nourrir, s’est transformée en un sport controversé. Si certains y voient un moyen de préserver les écosystèmes, d’autres dénoncent une menace majeure pour la biodiversité, pouvant mener à l’extinction de certaines espèces.

Ernie Dosio, un Américain de 75 ans, propriétaire d’un vignoble en Californie et chasseur réputé, en a fait les frais. Accompagné de son guide, il a été piétiné à mort par un groupe de cinq éléphants alors qu’il traquait un céphalophe à dos jaune, une antilope classée « quasi menacée » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), au Gabon.

Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre ironie et indignation. Certains internautes ont exprimé une forme de schadenfreude : « Oh là là, quelle tristesse… J’espère que les éléphants n’ont pas abîmé leurs pattes. »

Cependant, un ancien chasseur professionnel de Cape Town, ayant connu Dosio, a tenu à nuancer son image. Selon lui, il s’agissait d’un « chasseur très connu et apprécié aux États-Unis et en Afrique, engagé dans la conservation et la charité ». Un autre chasseur, non identifié, a précisé que toutes ses expéditions étaient « strictement encadrées par des licences et enregistrées comme des opérations de régulation des populations animales » dans un but de préservation.

Le 17 avril, Dosio et son guide ont surpris cinq éléphantes accompagnées d’un petit, déclenchant une charge immédiate. « Je préfère ne pas entrer dans les détails, mais on peut supposer que cela a été rapide », a confié le chasseur basé à Cape Town au Daily Mail.

La chasse aux grands animaux : un outil de conservation ou une menace pour la biodiversité ?

La pratique de la chasse sportive au nom de la conservation reste un sujet hautement polémique. Selon The Guardian, l’industrie du trophée tue des dizaines de milliers d’animaux sauvages chaque année, y compris des espèces en danger critique. Les détracteurs soulignent que la majorité des chasseurs, notamment en Afrique, sont des hommes blancs et fortunés, perpétuant ainsi un héritage colonial plutôt qu’un véritable engagement écologique.

Les populations de faune sauvage ont chuté de 73 % entre 1970 et 2020, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), en raison de la destruction des habitats et du changement climatique. Parallèlement, les organisations criminelles continuent de cibler les espèces protégées pour leurs ivoires, cornes ou défenses, très prisés sur les marchés noirs.

Un héritage colonial encore vivace

Le cas de Dosio illustre les contradictions de la chasse sportive : entre passion pour la nature et exploitation des écosystèmes. Si certains y voient une méthode de gestion des populations animales, d’autres dénoncent une activité lucrative qui favorise la disparition d’espèces déjà fragilisées.

Alors que le débat fait rage, cet accident tragique rappelle les risques inhérents à cette pratique, tant pour les chasseurs que pour les animaux.

Source : Futurism