Le Bitcoin défie les tensions géopolitiques

Le Bitcoin a maintenu sa position au-dessus de 78 000 $ vendredi, alors que le prix du pétrole franchissait la barre des 100 $ le baril. Cette résistance survient dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l'Iran, mettant à l'épreuve la capacité de la cryptomonnaie à consolider son rebond d'avril.

Une rhétorique musclée de Trump

Les déclarations de Donald Trump sur le détroit d'Ormuz ont amplifié les craintes d'une escalade des tensions. Le président américain a affirmé que la marine américaine contrôlait entièrement ce passage stratégique, interdisant toute entrée ou sortie sans son approbation. Ces propos ont renforcé l'idée d'un blocage prolongé de l'une des routes énergétiques les plus critiques au monde.

Le Brent a atteint environ 107 $ le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) s'échangeait près de 97 $. Le WTI enregistre ainsi une progression hebdomadaire de plus de 17 %, alimentée par l'impasse des négociations de paix, la saisie de pétroliers et le blocus persistant d'Ormuz. Ces perturbations alimentent les craintes d'une pénurie d'approvisionnement.

Le Bitcoin face à un environnement complexe

Contrairement au pétrole, le Bitcoin a adopté une progression plus mesurée. La cryptomonnaie a atteint 78 300 $ après avoir brièvement dépassé les 79 000 $, prolongeant son rebond d'avril d'environ 15 %. Cette hausse s'est produite malgré la baisse des actions américaines, le renforcement du dollar et la réévaluation des risques liés à une inflation persistante, susceptible de contraindre la Réserve fédérale à maintenir une politique restrictive lors de sa prochaine réunion.

Cette situation place le Bitcoin au cœur des débats sur les actifs refuges face à l'inflation. Les investisseurs évaluent si la cryptomonnaie peut tirer profit d'une demande renouvelée pour des actifs rares, tout en résistant aux pressions exercées par un dollar plus fort et des rendements réels en hausse, qui pèsent généralement sur les marchés spéculatifs.

Le détroit d'Ormuz, épicentre des tensions

Avant le conflit, près de 20 millions de barils de pétrole et produits pétroliers transitaient quotidiennement par le détroit d'Ormuz. Aujourd'hui, le trafic a fortement ralenti en raison des exigences de l'Iran sur le contrôle des navires et du blocus imposé par les États-Unis sur le commerce maritime iranien. Ces perturbations physiques pèsent davantage sur les marchés que les cessez-le-feu officiels.

Donald Trump a accentué cette pression jeudi en déclarant sur Truth Social que les États-Unis avaient un « contrôle total » sur le détroit, qui resterait « complètement fermé » jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé avec l'Iran. Il a également ordonné à la marine américaine de détruire les bateaux iraniens posant des mines dans la zone.

Les traders pétroliers ont rapidement intégré le risque d'un blocage prolongé. La hausse du Brent au-dessus de 100 $ rappelle les chocs énergétiques passés, qui avaient alimenté l'inflation et contraint les banques centrales à maintenir des politiques restrictives. Pour le Bitcoin, ce contexte crée une dynamique contrastée :

  • Un argument en faveur du Bitcoin : une inflation durable pourrait inciter les investisseurs à se tourner vers des actifs en dehors du système fiduciaire.
  • Un risque persistant : une hausse des prix de l'énergie pourrait renforcer le dollar, peser sur les valorisations boursières et réduire la liquidité des actifs risqués.

Les contrats à terme soutiennent la résilience du Bitcoin

La récente progression du Bitcoin s'explique en grande partie par l'activité des contrats à terme. Selon les données de CryptoQuant, les positions longues sur les marchés dérivés ont joué un rôle clé dans cette dynamique.

Alors que les marchés restent sous tension, les traders surveillent de près la capacité du Bitcoin à franchir le cap des 80 000 $. Une telle percée dépendra de sa capacité à surmonter les pressions macroéconomiques, notamment l'impact potentiel d'un dollar plus fort et d'une inflation persistante.

Source : CryptoSlate