« Tangles » : l’animation qui fait pleurer Cannes
Quatre jours après l’ouverture du Festival de Cannes 2024, le palmarès des ovations s’allonge. Jeudi, le film d’animation canadien « Tangles : Une histoire sur Alzheimer, ma mère et moi », réalisé par Leah Nelson, a marqué les esprits. La projection a été saluée par une standing ovation de sept minutes, et même des larmes de Lauren Miller Rogen, productrice du film et épouse de Seth Rogen.
« Tangles » pourrait bien suivre la voie de « Flow », autre petit film d’animation présenté à Cannes et devenu un succès inattendu au box-office, tout en remportant l’Oscar du meilleur film d’animation. Porté par les voix de Julia Louis-Dreyfus, Seth Rogen, Abbi Jacobson et Samira Wiley, le long-métrage s’inspire du roman graphique de Sarah Leavitt et Vicky Patel.
L’histoire ? Une artiste des années 1990 quitte San Francisco pour revenir dans sa famille conservatrice, confrontée à la maladie d’Alzheimer de sa mère. Les critiques sont unanimes : Ben Croll, dans sa critique pour IndieWire, évoque un « scrapbook animé », où chaque moment compte, car « n’importe quel instant pourrait être le dernier ».
« Club Kid » : six minutes d’ovation et un baiser surprise
Autre moment fort de la journée : « Club Kid », réalisé et interprété par Jordan Firstman, a reçu six minutes d’applaudissements debout. Le film a marqué les esprits avec une scène audacieuse où Firstman embrasse Diego Calva, acteur de « Babylon ».
Asghar Farhadi dénonce les crimes de guerre en Iran
De son côté, le réalisateur iranien Asghar Farhadi, présent à Cannes avec « Parallel Tales » (inspiré du « Décalogue » de Krzysztof Kieślowski), a pris position sur le conflit entre l’Iran et les États-Unis. Lors d’une conférence de presse, il a déclaré :
« Tout meurtre est un crime. Aucune circonstance ne peut justifier la perte d’une vie humaine. »
Farhadi, de retour de Téhéran, a évoqué deux tragédies : la mort d’enfants et de civils dans la guerre, ainsi que le massacre de manifestants pacifiques réprimés dans les rues. « Ces événements sont extrêmement douloureux et resteront à jamais gravés dans nos mémoires », a-t-il ajouté.
Un film sous le signe de la mémoire
« Parallel Tales », avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel et Pierre Niney, explore les thèmes de la culpabilité et de la rédemption à travers des récits entrelacés. Malgré des critiques mitigées à Cannes, le film de Farhadi reste un témoignage puissant des tensions politiques et sociales en Iran.