Une clause contractuelle dans le secteur de la santé mentale a récemment attiré l’attention d’une infirmière praticienne en psychiatrie. Alors qu’elle examinait son contrat d’embauche, une disposition l’a immédiatement interpellée : si elle quittait la clinique, elle devrait payer 7 500 dollars par patient qui choisirait de poursuivre son suivi avec elle.

Interloquée, elle a demandé des éclaircissements. La réponse, teintée d’agacement, a été sans équivoque :

« La clinique possède les patients. Pas vous. »

Cette formulation brutale résume une réalité inquiétante : dans certains cabinets médicaux, les patients sont perçus comme des actifs commerciaux plutôt que comme des individus ayant le droit de choisir librement leur professionnel de santé.

Cette clause, bien que choquante, n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une tendance plus large où certains établissements de santé cherchent à contrôler la relation patient-médecin, y compris après le départ d’un praticien. Les conséquences pour les professionnels comme pour les patients sont multiples :

  • Pour les soignants : une pression financière et morale pour rester dans un environnement parfois toxique ou non éthique.
  • Pour les patients : une restriction de leur liberté de choix, surtout dans des domaines sensibles comme la santé mentale, où la relation de confiance est primordiale.
  • Pour le système de santé : une dérive commerciale qui risque d’éroder la confiance dans les soins et de favoriser des pratiques contraires à l’éthique médicale.

Les experts en droit médical soulignent que de telles clauses pourraient être illégales dans plusieurs juridictions. En France, par exemple, le Code de la santé publique garantit aux patients le droit de consulter le professionnel de leur choix, sans restriction imposée par un établissement. De plus, l’Ordre des médecins et les associations de patients dénoncent régulièrement ces pratiques, les qualifiant de violation du serment d’Hippocrate.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer une régulation plus stricte. Des propositions incluent :

  • L’interdiction pure et simple de ces clauses dans les contrats médicaux.
  • La mise en place de mécanismes de médiation pour résoudre les litiges entre praticiens et établissements.
  • Une sensibilisation accrue des professionnels de santé sur leurs droits et leurs devoirs éthiques.

Pour l’infirmière praticienne en psychiatrie, cette expérience a été un électrochoc. Elle a finalement refusé le poste, préférant préserver son intégrité professionnelle. Son histoire rappelle une vérité fondamentale : les patients ne sont pas des marchandises, et leur liberté de choix doit primer sur toute considération commerciale.

Source : STAT News