Des variations génétiques réduisent l'efficacité des GLP-1
Une nouvelle recherche publiée dans Genome Medicine suggère que l'efficacité des médicaments GLP-1, comme Ozempic et Wegovy, pourrait varier selon le profil génétique des patients. Environ 10% de la population présenterait des variations génétiques expliquant une résistance partielle à ces traitements.
Une résistance biologique aux hormones
Les scientifiques ont identifié deux variants génétiques affectant l'enzyme peptidyl-glycine alpha-amidating monooxygenase (PAM), essentielle à l'activation de plusieurs hormones, dont le GLP-1. Ces variants, plus fréquents chez les personnes diabétiques, pourraient perturber la libération d'insuline et réduire la sensibilité au GLP-1.
Contrairement aux attentes, les individus porteurs du variant p.S539W présentaient des niveaux élevés de GLP-1, sans pour autant observer une baisse significative de leur glycémie. Cela indique une résistance biologique à l'hormone, nécessitant des doses plus élevées pour un effet similaire.
« Ces résultats confirment que certains patients peuvent présenter une résistance partielle aux thérapies basées sur les incrétines. »
Implications pour les traitements contre l'obésité et le diabète
Les médicaments GLP-1, initialement développés pour le diabète de type 2, sont aujourd'hui largement prescrits pour la perte de poids en raison de leur efficacité. Cependant, cette étude souligne que leur succès n'est pas universel. Les patients résistants pourraient nécessiter des approches combinées ou alternatives.
Stratégies alternatives pour les patients résistants
- Combinaison de traitements pharmacologiques (ex. : inhibiteurs de SGLT2, metformine)
- Interventions chirurgicales (bypass gastrique, sleeve gastrectomie)
- Régimes alimentaires personnalisés et suivi nutritionnel intensif
- Activité physique adaptée et programmes de gestion du stress
« Dans ma pratique clinique, je constate souvent une réponse variable aux médicaments GLP-1. Ces résultats génétiques pourraient expliquer pourquoi certains patients ne répondent pas comme prévu. »
Vers une médecine personnalisée ?
Bien que prometteuses, ces découvertes soulèvent des questions sur l'intégration de tests génétiques en routine. Le Dr Glatter précise que « la génétique n'explique qu'une partie des différences de réponse aux traitements, et les tests pharmacogénomiques ne sont pas encore prêts pour une utilisation clinique généralisée ».
Les chercheurs appellent à des études supplémentaires pour affiner les stratégies thérapeutiques en fonction des profils génétiques, ouvrant la voie à une médecine plus ciblée contre l'obésité et le diabète.