Le MV Hondius, un navire de croisière, a accosté ce week-end après qu'une épidémie de hantavirus s'y soit déclarée. Environ 150 passagers ont été débarqués, tandis que les autorités médicales de 23 pays organisaient leur rapatriement. Trente-deux autres passagers avaient déjà quitté le navire plus tôt, à l'escale de l'île de Sainte-Hélène, avant même que l'épidémie ne soit détectée.
Trois décès ont été recensés parmi les passagers, tous atteints de la variante Andes du virus, transmissible par contact humain. Cette souche provoque généralement le syndrome pulmonaire à hantavirus, une maladie grave pouvant entraîner une insuffisance respiratoire sévère. Aux États-Unis, les 17 passagers américains sont actuellement pris en charge dans un centre du Nebraska, où l'un d'eux a été testé positif au virus, sans présenter de symptômes. Un autre a développé des signes cliniques. Les deux ont été transportés dans des conditions de confinement renforcé.
Les autorités sanitaires s'interrogent sur l'efficacité des mesures actuelles, notamment face à la possibilité d'une transmission asymptomatique et à une période d'incubation pouvant atteindre 2 à 3 semaines. Avec un taux de létalité estimé à 38 % pour cette variante, une propagation incontrôlée pourrait s'avérer catastrophique.
Une transmission asymptomatique et des défis logistiques
Les experts soulignent que le virus pourrait se propager sans symptômes apparents, rendant le traçage des contacts et l'isolement préventif particulièrement difficiles. Une analyse récente suggère que les cas secondaires pourraient survenir après une incubation d'environ 22 jours, un délai bien plus long que pour la plupart des maladies infectieuses.
« Si cette épidémie s'étend, elle pourrait nous échapper en raison de l'incubation prolongée et de la difficulté à convaincre les gens de s'isoler pendant des semaines sans symptômes. » — Dr Steven Quay
Les autorités sanitaires peinent également à déterminer quels niveaux de contact favorisent la transmission. Certains spécialistes critiquent le manque de clarté dans les protocoles de santé publique, soulignant que les mesures actuelles ne suffisent pas à contenir le virus.
Que sait-on du hantavirus Andes ?
- Transmission : Principalement par contact avec des rongeurs infectés (urine, excréments, salive), mais aussi par transmission interhumaine pour la variante Andes.
- Symptômes : Fièvre, douleurs musculaires, puis complications respiratoires sévères (toux, essoufflement).
- Traitement : Aucun traitement spécifique ; prise en charge symptomatique en milieu hospitalier.
- Prévention : Éviter les zones infestées par les rongeurs, désinfection des espaces contaminés, isolement des cas confirmés.
Face à cette épidémie, les experts appellent à une vigilance accrue et à des mesures de prévention renforcées pour éviter une propagation incontrôlée.