L’animateur de l’émission Morning Joe, Joe Scarborough, ancien député républicain de Floride, a vivement critiqué l’administration Trump et le Parti républicain lors de son passage à l’antenne ce jeudi matin. Selon lui, rien dans cette administration n’est conservateur.
Une popularité en chute libre et des choix politiques contestés
Scarborough a souligné le niveau historiquement bas de popularité de Donald Trump, dont les sondages s’établissent désormais dans les trente pour cent. Il a attribué cette baisse à la gestion controversée de la guerre en Iran, un conflit que le vice-président JD Vance et d’autres figures républicaines semblent désormais rejeter.
« Donald Trump avait promis que Kamala Harris nous entraînerait dans cette guerre, mais c’est bien lui qui nous y a plongés », a-t-il déclaré. Scarborough a également pointé du doigt les interventions économiques massives de l’État, citant des exemples comme Westinghouse, Intel ou U.S. Steel, ainsi que les discussions autour de la nationalisation partielle de Spirit Airlines.
« Regardez la socialisation de Spirit Airlines, de Westinghouse, d’Intel, d’U.S. Steel… C’est tout simplement incroyable que cela vienne d’une administration soi-disant conservatrice. Il n’y a rien de conservateur dans cette administration, ni dans le Parti républicain actuel. Pas si l’on se réfère à la définition du conservatisme telle qu’elle existe depuis plus de deux siècles. »
Une guerre en Iran mal préparée et aux conséquences désastreuses
Scarborough a également critiqué la manière dont l’administration Trump s’est « embourbée » dans le conflit avec l’Iran, sans tenir compte des enjeux géostratégiques majeurs, notamment le contrôle du détroit d’Ormuz par Téhéran.
« Depuis 1979, tout le monde savait que s’attaquer à l’Iran signifiait un problème au niveau du détroit. Au lieu d’écouter les experts en stratégie militaire, actuels ou historiques, Trump a choisi de suivre les conseils de Pete Hegseth, Benjamin Netanyahu et Lindsey Graham. Vraiment, c’est cette troïka qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que de nombreux conseillers militaires et proches de Trump avaient mis en garde contre cette approche, mais que leurs avertissements avaient été ignorés. « Nous sommes désormais dans une situation où l’Iran joue dur, et nous ne pouvons pas sortir de ce conflit tant que le détroit ne sera pas rouvert. Or, Téhéran n’a aucune intention de céder à nos conditions », a-t-il conclu.
Une administration en contradiction avec les principes conservateurs
Pour Scarborough, l’administration Trump incarne une rupture totale avec les valeurs traditionnelles du conservatisme, qu’il définit comme une doctrine prônant la limitation de l’intervention de l’État, le respect de l’ordre constitutionnel et une politique étrangère prudente. À l’inverse, il pointe du doigt :
- Les interventions économiques massives de l’État dans des entreprises privées ;
- Une politique étrangère impulsive et mal évaluée ;
- Un mépris des institutions traditionnelles, y compris au sein du Parti républicain.
« Ce n’est pas du conservatisme. C’est du populisme, de l’opportunisme et une gestion désastreuse du pouvoir », a-t-il résumé.