Un sauvetage controversé en discussion
L'administration Trump envisage un plan de sauvetage pour Spirit Airlines, en échange d'une participation majoritaire dans la compagnie. Selon CBS News, les discussions sont avancées : un prêt pouvant atteindre 500 millions de dollars serait accordé, en échange de warrants permettant au gouvernement fédéral de détenir jusqu'à 90 % du capital de la compagnie en difficulté.
L'échec du rachat par JetBlue
Ce projet intervient après l'échec du rachat de Spirit Airlines par JetBlue, bloqué par l'administration Biden en mars 2023. Le Department of Justice (DOJ) avait alors poursuivi en justice pour empêcher la fusion, arguant qu'elle réduirait la concurrence et augmenterait les tarifs aériens.
Le DOJ avait justifié son opposition en déclarant :
« L'acquisition de Spirit par JetBlue éliminerait l'"effet Spirit", où la présence de Spirit dans un marché force les autres compagnies à baisser leurs tarifs. Cela entraînerait des prix plus élevés et moins de sièges, au détriment de millions de consommateurs. »
Une décision aux conséquences économiques
Spirit Airlines, connue pour ses tarifs bas et son modèle sans fioritures, perdait plus de 300 millions de dollars au second semestre 2022. Le rachat par JetBlue, évalué à 3,8 milliards de dollars, aurait pu sauver la compagnie. Robin Hayes, alors PDG de JetBlue, avait déclaré avant le procès :
« Ce n'est pas comme Pepsi rachetant Coke. Ensemble, nous représenterions seulement 8 à 9 % du marché, loin derrière les quatre grandes compagnies. »
Un sauvetage coûteux pour les contribuables
Le juge William G. Young, du tribunal de district américain, avait finalement bloqué la fusion, estimant que le nouvel ensemble exercerait une pression concurrentielle sur les grandes compagnies, mais au prix d'une réduction des choix pour les consommateurs. Aujourd'hui, Spirit et JetBlue, toutes deux en difficulté, pourraient bénéficier d'un sauvetage public, malgré les critiques sur l'intervention de l'État dans le secteur privé.
Un marché aérien déjà concentré
Les quatre grandes compagnies américaines – Delta, American, Southwest et United – contrôlent plus des deux tiers du trafic aérien domestique. Spirit et JetBlue, combinées, ne représenteraient qu'environ 8 % du marché, selon les données du Bureau of Transportation Statistics.
Pourquoi ce sauvetage pose question
- Une intervention publique dans une entreprise privée, avec un risque de nationalisation partielle.
- Un coût potentiel de 500 millions de dollars pour les contribuables, sans garantie de succès.
- Une inversion de la politique de Biden, qui avait bloqué la fusion pour protéger la concurrence.
Les opposants au projet soulignent que Spirit Airlines aurait pu être sauvée par le rachat de JetBlue, évitant ainsi un recours aux fonds publics.