Un seul désaccord avec Trump, selon Warsh

Kevin Warsh, nommé par Donald Trump pour prendre la tête de la Réserve fédérale (Fed), a admis mardi devant le Congrès n’avoir qu’un seul désaccord avec le président américain. Lors d’un échange tendu avec la sénatrice Elizabeth Warren, il a refusé de citer un seul élément du programme économique de Trump qu’il conteste.

« Sénatrice, la Réserve fédérale s’est récemment éloignée de son mandat traditionnel et a empiété sur d’autres domaines », a répondu Warsh, esquivant ainsi la question.

Elizabeth Warren : « Juste un. Juste un petit point où vous n’êtes pas d’accord avec Donald Trump. »

Kevin Warsh : « J’ai effectivement un désaccord avec le président. Ce matin, il a dit que je ressemblais à un personnage de casting central. Je pense que je paraîtrais plus vieux, plus gris, et peut-être avec un cigare. »

Elizabeth Warren : « Très mignon, mais nous avons besoin d’un président de la Fed indépendant. C’est la seule façon de préserver l’indépendance de la Réserve fédérale. Si vous ne pouvez pas répondre à ces questions, c’est que vous manquez de courage et d’indépendance. »

Des critiques sur son manque d’indépendance

Le sénateur du Maryland, Chris Van Hollen, a également remis en question le manque d’indépendance de Warsh. Il a souligné que ses positions sur les taux d’intérêt semblaient « s’adapter à ce qui est politiquement opportun » plutôt qu’à une analyse économique solide.

Un revirement sur la politique monétaire

Warsh, connu pour ses positions anti-inflation, a été nommé par Trump fin 2025 pour remplacer Jerome Powell. Pourtant, il a récemment modifié sa position sur les taux d’intérêt, ce qui a attiré l’attention du président. Trump a d’ailleurs clairement exprimé ses attentes : il serait déçu si Warsh ne baissait pas les taux.

Lors de son audition, Warsh a évité de reconnaître la victoire de Joe Biden en 2020, renforçant ainsi l’impression de sa proximité avec Trump. Le sénateur Jack Reed (Rhode Island) a critiqué cette attitude, tandis que Warsh a affirmé qu’il maintiendrait son indépendance malgré les pressions de Trump.

Un engagement à l’indépendance, malgré les pressions

Interrogé par le sénateur John Kennedy, Warsh a nié toute tentative de Trump de l’influencer sur les décisions de taux : « Il ne m’a jamais demandé de prédéterminer, de m’engager ou de fixer des taux d’intérêt lors de nos discussions. Et je n’accepterais jamais de le faire. »

Son audition a révélé des tensions entre sa loyauté envers Trump et les exigences d’indépendance de la Fed, un débat qui continue de diviser les observateurs économiques.