WASHINGTON — La Cour suprême des États-Unis doit se prononcer aujourd’hui sur une décision d’une cour d’appel fédérale qui suspend les envois postaux de mifépristone, un médicament utilisé pour les interruptions volontaires de grossesse (IVG).
Cette suspension, initialement accordée pour une semaine, pourrait être prolongée ou modifiée par les juges avant la fin de la journée. Leur décision aura des répercussions majeures sur l’autorité réglementaire de la Food and Drug Administration (FDA), ainsi que sur l’accès des patientes et des professionnels de santé à ce traitement.
« La question centrale est : qui a le pouvoir de réguler le mifépristone ? »
— Laurie Sobel, directrice associée pour les politiques de santé des femmes à KFF
Sobel souligne les enjeux juridiques et sanitaires en jeu : « Un État peut-il aller plus loin que la FDA ? La FDA représente-t-elle un plancher ou un plafond en matière de réglementation ? »
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour de l’accès à l’avortement aux États-Unis, après l’annulation en 2022 de l’arrêt Roe v. Wade, qui garantissait le droit à l’IVG au niveau fédéral. Plusieurs États ont depuis restreint ou interdit la procédure, rendant le mifépristone, approuvé par la FDA en 2000, encore plus crucial pour des millions de femmes.
Les anciens responsables de la FDA et des laboratoires pharmaceutiques ont également pris position dans ce débat. Certains soutiennent que toute décision judiciaire remettant en cause l’autorité de l’agence pourrait affaiblir la confiance dans les médicaments approuvés aux États-Unis et créer un précédent dangereux pour d’autres traitements.
Les défenseurs des droits reproductifs craignent qu’une suspension prolongée du mifépristone ne prive des femmes de soins essentiels, notamment dans les États où l’avortement est déjà interdit ou fortement restreint. À l’inverse, les opposants à l’IVG saluent cette décision comme une victoire pour la souveraineté des États en matière de réglementation.
La Cour suprême devra trancher rapidement : une audience orale pourrait être organisée dès cette semaine, et une décision définitive est attendue d’ici juin.