La Federal Communications Commission (FCC) a lancé aujourd’hui un examen inhabituel des licences de diffusion d’ABC, à peine un jour après que le président américain Donald Trump et la première dame Melania Trump aient exigé le licenciement du présentateur Jimmy Kimmel.

La polémique est née d’une blague de Kimmel, diffusée lors de son émission, dans laquelle il avait comparé Melania Trump à une « veuve en deuil attendant un enfant ». Une remarque qui a provoqué l’ire de la Maison-Blanche, qualifiant cette sortie de « diffamatoire et irresponsable ».

Bien qu’aucune licence de diffusion ne soit normalement renouvelée avant 2028, la FCC a ordonné à Disney, propriétaire d’ABC, de soumettre dès le 28 mai des demandes anticipées de renouvellement pour l’ensemble de ses stations.

Dans un communiqué, l’agence a justifié cette décision en invoquant ses règles : « Lorsque la FCC estime qu’une demande de renouvellement est essentielle à une enquête en cours, elle peut exiger un renouvellement anticipé. Cela permet à la fois de mener l’enquête et de vérifier que le diffuseur respecte ses obligations d’intérêt public. »

Cette procédure, bien que rare, n’est pas sans précédent. En 2017, la FCC avait déjà demandé un renouvellement anticipé à une chaîne locale pour des raisons similaires. Cependant, la révocation pure et simple d’une licence reste extrêmement complexe sur le plan juridique et n’a jamais abouti depuis des décennies.

Les défenseurs de la liberté d’expression s’inquiètent déjà des possibles dérives de cette initiative, craignant une instrumentalisation politique de l’autorité de régulation. De son côté, ABC n’a pas encore réagi officiellement, mais l’affaire relance le débat sur les limites de l’humour et la censure dans les médias américains.