Alors que j’écris ces lignes, des équipes de développeurs travaillent probablement à accélérer l’avènement d’un futur où les voitures réelles disparaîtront des écrans. Pourquoi se donner la peine de chercher des véhicules authentiques, surtout des modèles anciens, quand l’intelligence artificielle peut générer des répliques numériques en quelques clics ? Pourtant, malgré les progrès fulgurants de l’IA, les résultats restent souvent décevants.

Les amateurs d’automobiles n’ont qu’à parcourir leurs fils d’actualité pour constater les ratés des générateurs d’images de voitures. Les défauts sont légion : portes manquantes, chromes asymétriques, volant mal positionné, comme si le conducteur était assis entre les sièges avant. Les erreurs rappellent celles des deepfakes humains, où des mains à six doigts ou des visages déformés pullulent.

Un autre phénomène agace particulièrement : ces vidéos virales qui prétendent montrer la découverte de voitures anciennes dans des granges, des marais ou des casses. Selon le scénario, ces véhicules seraient ensuite restaurés en moins d’une minute par des équipes improbables : des cheerleaders en combinaison de mécanicien ou des hommes en blouse immaculée dans un garage d’Europe de l’Est sous-équipé. Les incohérences sautent aux yeux : peinture parfaite sans protection des vitres ou des chromes, rouille qui s’efface comme par magie, finitions qui semblent issues de plusieurs modèles différents. Ces vidéos poussent l’absurdité à son paroxysme.

Pourtant, malgré ces erreurs évidentes, l’industrie investit massivement dans l’IA. Si Tesla promet depuis dix ans une autonomie totale qui tarde à se concrétiser, il est inévitable que les générateurs de voitures virtuelles finissent par produire des résultats convaincants. Peut-être même avant que les scénaristes, acteurs et techniciens ne soient remplacés par des algorithmes.

Certains pourraient regretter la disparition des cascades réelles et des voitures physiques à l’écran. Mais après tout, les spectateurs ont déjà accepté des monstres comme King Kong ou Godzilla, dont les effets spéciaux, aujourd’hui dépassés, n’ont jamais entravé leur succès. Nous nous habituerons à ces nouvelles normes, qu’on le veuille ou non.

L’IA au service des scènes de crash : une révolution en marche ?

Chez Octane Film Cars, notre entreprise spécialisée dans la fourniture de voitures pour le cinéma, nous avons découvert un créneau inattendu : la fourniture de véhicules pour les scènes de crash. Une activité qui pourrait bien être révolutionnée par l’IA.

Source : Hagerty