Une nouvelle tendance, rapportée par le Wall Street Journal, montre que de plus en plus de personnes remplacent la frappe au clavier par des murmures adressés à leurs appareils. Si ces outils de dictée vocale, souvent alimentés par l’intelligence artificielle, offrent un gain de temps et facilitent l’accessibilité, ils interrogent aussi sur la dégradation des codes sociaux de base.

Prenez l’exemple de Mollie Amkraut Mueller, entrepreneure dans le secteur de l’IA. Son mari s’est alarmé en la voyant chuchoter la nuit devant son ordinateur, non pas pour apaiser leur enfant, mais pour dicter du texte via Wispr Flow, un logiciel de dictée vocale assisté par IA. Après une confrontation, le couple a finalement opté pour des espaces de travail séparés plutôt que de renoncer à cette pratique. « Si l’un de nous doit travailler la nuit, l’autre reste dans son bureau », a-t-elle expliqué au WSJ.

Cette habitude gagne du terrain, notamment dans la Silicon Valley. Les ingénieurs de Ramp, une startup spécialisée dans les cartes de crédit, portent désormais des casques gaming pour dialoguer avec leurs assistants IA. Edward Kim, cofondateur de Gusto, une entreprise de ressources humaines, encourage même ses employés à adopter ces outils, prédisant un avenir où les bureaux ressembleront à des « salles de vente ». « Je parle constamment à mon ordinateur maintenant », confie-t-il.

Pourtant, cette pratique n’est pas sans inconvénients. En public, elle peut donner une impression de malaise, voire de trouble mental. À la maison, elle évoque « Tony Stark discutant avec Jarvis », mais au bureau, elle reste « un peu gênante », admet Kim. Malgré cela, l’engouement est réel : Wispr, l’entreprise derrière l’application, affiche une valorisation de 700 millions de dollars. Son site propose même des conseils pour une « dictée discrète » dans les espaces partagés, comme les open spaces, les cafés ou les transports bondés.

Le fondateur de Wispr, Tanay Kothari, décrit une scène devenue courante : « Ils se promènent dans le bureau en parlant à leur ordinateur. Plus besoin de réfléchir assis devant un écran. »

Un phénomène qui dépasse les frontières professionnelles

Cette tendance reflète une évolution plus large : l’intégration croissante de l’IA dans nos interactions quotidiennes. Si certains y voient une révolution technologique, d’autres s’interrogent sur ses conséquences sociales. Entre accessibilité et éthique, le débat est lancé.

Source : Futurism