Un internaute a semé le trouble sur les réseaux sociaux cette semaine en publiant une image recadrée d’un vrai tableau de Monet, tout en affirmant qu’il s’agissait d’une création artificielle générée par IA. Cette manipulation a provoqué une vague de réactions mal informées et de débats confus.

« Je viens de générer une image dans le style d’un Monet avec l’IA », pouvait-on lire dans le message publié sur X (ex-Twitter) par un artiste conceptuel anonyme utilisant le pseudonyme SHL0MS. « Décrivez-moi, dans les moindres détails, ce qui rend cette image inférieure à une vraie peinture de Monet. »

Les commentaires n’ont pas tardé. Certains internautes ont critiqué l’œuvre en la qualifiant de « mélange incohérent de verts aux saturations inconsistantes », tandis que d’autres dénonçaient l’absence de « composition cohérente ». D’autres encore jugeaient l’image « artificielle, surchargée et chaotique », évoquant une nature en désordre. Un utilisateur a même affirmé que la peinture semblait « forcer » pour imiter les œuvres tardives de Monet, réalisées alors que l’artiste était presque aveugle.

« C’est du slop IA évident », a lancé un internaute. « En termes de composition, c’est, à mes yeux, sans émotion. Il manque cette étincelle. Ce n’est pas un Monet, on dirait plutôt une étude d’étudiant en art après une visite au musée. »

D’autres commentaires, moins subtils, étaient sans équivoque : « Ça ressemble à de la merde, et c’en est. »

Le piège s’est refermé lorsque les internautes ont découvert la vérité : le tableau était bien réel. Il s’agissait de l’une des célèbres Nymphéas de Monet, peint vers 1915 et exposé à la Neue Pinakothek de Munich, en Allemagne.

Cette méprise collective a relancé les débats sur la méfiance envers l’art généré par IA, certains y voyant une preuve de « rejet instinctif » et d’hystérie anti-IA. « L’art par IA l’emporte encore ! », s’est exclamé un internaute.

Cependant, les réactions les plus pertinentes sont venues d’experts. Des peintres professionnels ont analysé l’œuvre et confirmé son authenticité apparente. Kendric Tonn, peintre à l’huile, a souligné : « Je ne partage pas l’avis de ceux qui disent qu’il manque de profondeur. Il y a un plan clair avec les nénuphars et un espace inversé avec le saule qui se reflète. La texture de la peinture semble crédible pour un objet physique, bien que plus fine que la plupart des Monet que j’ai vus (ce qui pourrait s’expliquer par une œuvre tardive, si elle était réelle). »

Il a conclu : « Ce n’est pas un Monet de premier ordre, mais c’est une imitation très convaincante. »

Source : Futurism