L'intelligence artificielle (IA) révolutionne le travail des professionnels du savoir, leur permettant d'accomplir des missions autrefois hors de portée. C'est ce que révèle le dernier Work Trend Index 2026 de Microsoft, basé sur une enquête menée auprès de 20 000 travailleurs utilisant l'IA au quotidien.

Selon les résultats, 66 % des utilisateurs d'IA déclarent consacrer davantage de temps à des tâches à haute valeur ajoutée grâce à cet outil. Par ailleurs, 58 % affirment produire un travail qu'ils n'auraient pas pu réaliser il y a un an seulement. Ces chiffres grimpent respectivement à 80 % et 80 % pour une catégorie spécifique : les « professionnels de pointe », ou « frontier professionals » en anglais, définis par Microsoft comme des utilisateurs avancés de l'IA.

« Nous ne nous contentons pas d'automatiser des tâches existantes pour gagner en efficacité. Ce que nous observons est bien plus prometteur : il s'agit d'un gain de capacités », explique Katy George, vice-présidente senior de Microsoft dédiée à la transformation de la main-d'œuvre. Les exemples concrets sont nombreux : détection proactive de vulnérabilités logicielles, préparation ultra-rapide des commerciaux avant une réunion client, ou encore automatisation de processus autrefois chronophages.

L'IA comme levier de performance collective

Si les bénéfices de l'IA profitent en premier lieu aux utilisateurs avancés, ces derniers peuvent ensuite transmettre leur expertise à leurs collègues. Une étude antérieure de Microsoft avait d'ailleurs montré que les employés tirent davantage parti de l'IA « agentique » lorsque leurs managers en font eux-mêmes un usage exemplaire.

Cependant, les professionnels de pointe ne délèguent pas aveuglément à l'IA. 43 % d'entre eux — contre 30 % des utilisateurs d'IA en général — choisissent parfois de réaliser certaines tâches sans assistance pour maintenir leurs compétences. De plus, 53 % des professionnels de pointe — et 33 % des utilisateurs d'IA — prennent le temps d'analyser, avant de commencer une mission, quelles parties peuvent être confiées à l'IA et lesquelles doivent rester humaines.

Cette approche s'explique par la persistance de l'importance du jugement humain, de la pensée critique et du contrôle qualité, même à l'ère de l'IA. Malgré les progrès technologiques, les risques d'erreurs ou d'hallucinations de l'IA restent une préoccupation majeure. Ainsi, 86 % des sondés considèrent les réponses de l'IA comme un point de départ plutôt qu'une réponse définitive.

L'émergence de nouvelles compétences managériales

« Ce qui diminue, c'est le volume de travail d'exécution tactique et pas à pas réalisé par les humains. Ce qui augmente, en revanche, c'est la nécessité pour ces derniers de définir des orientations, des normes et d'évaluer les résultats », souligne Jared Spataro, directeur marketing de Microsoft pour l'IA au travail, dans un billet de blog.

En d'autres termes, même les travailleurs qui ne supervisent pas d'équipes humaines doivent désormais développer des compétences en gestion et délégation, cette fois pour encadrer l'IA. Leur expertise métier leur permet également de concevoir des tâches adaptées à l'IA et d'en évaluer les réponses.

« Ce sont les personnes dotées de jugement et d'expertise qui tirent le meilleur parti de l'IA. » — Katy George, vice-présidente senior chez Microsoft

Cette dynamique peut aussi impliquer des experts en informatique et cybersécurité, chargés de configurer les environnements et les autorisations nécessaires au bon fonctionnement de l'IA. Une collaboration qui illustre la transformation des rôles au sein des entreprises.