Une étude alerte sur les risques à long terme de certains médicaments contre le SII
Une nouvelle étude met en lumière un possible lien entre certains médicaments prescrits pour traiter le syndrome de l'intestin irritable (SII) et un risque légèrement accru de décès prématuré. Cependant, les chercheurs insistent sur le fait que ce risque reste globalement faible.
Des médicaments sous surveillance
Des scientifiques de l'Université Cedars-Sinai à Los Angeles ont analysé les données de près de 670 000 adultes américains sur une période de vingt ans. Leurs conclusions, publiées le 8 avril dans Communications Medicine, révèlent que l'utilisation prolongée de certains traitements, comme le lopéramide et le diphénoxylate, pourrait doubler le risque de décès. L'usage prolongé d'antidépresseurs prescrits pour le SII serait quant à lui associé à une hausse de 35 % du risque de mortalité.
Les chercheurs précisent que, bien que ces augmentations de risque soient statistiquement significatives, l'impact sur un individu reste limité. « Les patients atteints de SII ne doivent pas paniquer, mais ils doivent être conscients des risques, même minimes, liés aux traitements à long terme », a déclaré le Dr Ali Rezaie, directeur médical du programme de motilité gastro-intestinale à Cedars-Sinai et auteur principal de l'étude.
Un risque réel, mais limité
Le Dr Rudolph Bedford, gastro-entérologue au Providence Saint John's Health Center en Californie, non impliqué dans l'étude, a tempéré ces résultats.
« Le risque pour une seule personne est faible, il n'y a donc pas lieu de paniquer. Les symptômes du SII peuvent être très douloureux, voire invalidants. Dans de nombreux cas, les médicaments apportent bien plus de bénéfices que de risques. »
Il ajoute que, pour beaucoup de patients, la qualité de vie justifie l'utilisation de ces traitements :
« Au final, il s'agit de la qualité de vie. Pour de nombreux patients, les avantages l'emportent clairement sur les risques. »
Des alternatives pour gérer le SII
Les experts rappellent que les médicaments ne sont pas la seule solution. Une alimentation adaptée, en évitant les aliments déclencheurs, ainsi que l'exercice physique régulier et la gestion du stress, peuvent également soulager les symptômes du SII.
Une étude pionnière sur la sécurité à long terme
Cette recherche se distingue par son ampleur : il s'agit de la plus grande étude en conditions réelles sur la sécurité à long terme des traitements du SII. Les essais cliniques existants ne dépassent généralement pas un an, laissant un vide sur les effets des médicaments sur plusieurs années. « Cette étude commence à combler cette lacune », souligne le Dr Rezaie.
Que retenir pour les patients ?
- Certains médicaments contre le SII pourraient augmenter légèrement le risque de décès prématuré.
- Ce risque reste globalement faible et doit être mis en balance avec les bénéfices des traitements.
- Les patients peuvent aussi adopter des mesures non médicamenteuses pour gérer leurs symptômes.
- Les médecins recommandent de ne pas arrêter un traitement sans avis médical.
En résumé, si cette étude soulève des questions importantes, elle ne doit pas inciter à l'inquiétude immédiate. Une discussion avec un professionnel de santé reste essentielle pour évaluer les risques et les bénéfices au cas par cas.