Les attentes sont élevées autour de Nemesis, la première série solo de Courtney A. Kemp pour Netflix. Une décennie après avoir co-créé la saga Power avec Curtis « 50 Cent » Jackson, la scénariste revient avec une nouvelle production qui ne cherche pas à reproduire le succès de son prédécesseur, mais à en capturer l’énergie.
Contrairement à la dynamique fraternelle de Ghost et Tommy dans Power, Nemesis explore des personnages aux motivations troubles et aux alliances ambiguës. L’inspecteur Isaiah Stiles, interprété par Matthew Law, incarne cette ambiguïté. Obsédé par la chute de Coltrane Wilder (Y’lan Noel), un voleur et tueur en col blanc se faisant passer pour un homme d’affaires respectable, Stiles n’est pas en reste : son père, Amos surnommé Nightmare (Moe Irvin), est une légende des rues. Malgré ses efforts pour éviter de lui ressembler, ses méthodes peu orthodoxes et son dévouement excessif à son travail menacent sa vie familiale.
Sa femme, Candace (Gabrielle Dennis), en a assez de ses priorités professionnelles et envisage même de se rapprocher de Malik (Jeff Pierre), son ex séduisant devenu procureur. Pendant ce temps, Coltrane Wilder, bien que criminel, reste un mari dévoué à Ebony (Cleopatra Coleman), une voleuse souhaitant tourner la page. Leur relation est cependant mise à l’épreuve par la sœur d’Ebony, Charlie (Sophina Brown), dont l’influence pourrait bien surpasser celle de Coltrane.
La série oppose également Stiles à son supérieur, le chef de la police Jimmy (Michael Potts), qui le considère comme un fils. Ce conflit ajoute une couche supplémentaire de tension à une intrigue déjà riche en dilemmes moraux.
Avec Nemesis, Courtney A. Kemp et sa co-créatrice Tani Marole proposent une narration audacieuse, où les frontières entre héros et antagonistes s’estompent. Une approche qui pourrait bien séduire un public en quête de complexité et de suspense.