Des seuils revus à la baisse pour un meilleur contrôle des lipides
L’American College of Cardiology (ACC) et l’American Heart Association (AHA), en collaboration avec neuf autres organisations médicales, ont publié de nouvelles directives pour la prise en charge de la dyslipidémie. Ces recommandations remplacent celles de 2018 et introduisent des nouvelles valeurs cibles pour le cholestérol LDL, les triglycérides et la pression artérielle.
Une approche axée sur la prévention précoce
L’un des changements majeurs réside dans l’utilisation des équations PREVENT-ASCVD de l’AHA, qui permettent d’évaluer plus précisément le risque cardiovasculaire. Ces outils intègrent désormais des facteurs comme les particules résiduelles riches en triglycérides et la lipoprotéine(a) [Lp(a)], au-delà du seul LDL.
Les nouvelles directives soulignent l’importance d’un dépistage et d’un traitement précoces, même chez les jeunes adultes, afin de réduire les risques d’athérosclérose et d’événements cardiovasculaires.
Des objectifs plus stricts pour le LDL et la tension artérielle
Les seuils recommandés pour le LDL-cholestérol et la pression artérielle ont été abaissés, reflétant les dernières preuves scientifiques. L’objectif est de maintenir ces niveaux bas toute la vie, à l’instar de la gestion de l’hypertension, pour une protection optimale contre les infarctus et les AVC.
« Nous savons que plus de 80 % des maladies cardiovasculaires sont évitables, et un taux élevé de LDL-cholestérol, souvent appelé "mauvais cholestérol", en est un facteur majeur. »
Un outil complet pour évaluer et traiter les lipides
Environ un adulte américain sur quatre présente un taux élevé de LDL-cholestérol, augmentant significativement le risque d’infarctus ou d’AVC. Les nouvelles directives proposent une approche intégrée pour évaluer et traiter les déséquilibres lipidiques, en tenant compte des causes sous-jacentes comme la résistance à l’insuline ou l’inflammation.
Pourquoi ces changements sont-ils importants ?
L’athérosclérose, principale cause de décès dans le monde, résulte de l’accumulation de dépôts graisseux dans les artères. En abaissant les seuils et en insistant sur la prévention précoce, ces directives visent à réduire significativement les événements cardiovasculaires à long terme.
Les experts recommandent d’adopter d’abord des mesures hygiéno-diététiques, mais d’envisager un traitement médicamenteux plus tôt si les objectifs ne sont pas atteints après une période d’adaptation.
Ce que disent les experts
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Dr Jack Wolfson, cardiologue et fondateur de Natural Heart Doctor, souligne que :
« Les lipides fournissent des indices sur ce qui se passe métaboliquement dans le corps. Un profil lipidique anormal reflète souvent des problèmes plus profonds comme une résistance à l’insuline, une inflammation ou des carences nutritionnelles. »
- Les nouvelles directives encouragent une prise en charge globale, incluant l’alimentation, l’activité physique et, si nécessaire, des médicaments hypolipémiants.
En résumé
Ces directives marquent un tournant dans la gestion du cholestérol, en mettant l’accent sur :
- Un dépistage précoce et une intervention plus rapide.
- Des objectifs plus stricts pour le LDL, les triglycérides et la pression artérielle.
- Une prise en charge personnalisée, intégrant les facteurs de risque individuels.
L’objectif ultime : réduire durablement les risques cardiovasculaires grâce à une prévention active et continue.