Moscou, 9 mai 2026. Vladimir Poutine lors d’un discours officiel. (Photo : Getty Images)

Si l’on devait dresser la liste exhaustive des mensonges proférés par Vladimir Poutine au cours de sa carrière politique, des mois de travail seraient nécessaires. Le dernier en date ? Ce week-end, le président russe a affirmé que la guerre en Ukraine touchait à sa fin, laissant croire à certains observateurs qu’il était prêt à engager des négociations de paix.

Quelques jours plus tard, son armée, qualifiée de « barbares » en raison de son incompétence et de sa pratique systématique de crimes de guerre, a lancé l’une des plus violentes attaques de drones contre des civils ukrainiens depuis le début du conflit.

Un scénario déjà vu en 2022. À l’époque, Moscou tablait sur une victoire éclair, convaincue que les troupes russes seraient accueillies en libératrices et que Kiev tomberait en quelques jours. Face à la résistance ukrainienne, Poutine et son entourage ont dû revoir leurs plans.

Depuis, le Kremlin tente de manipuler l’administration américaine, notamment en s’appuyant sur des figures comme Donald Trump et son vice-président JD Vance. Cependant, Trump, connu pour son imprévisibilité, a parfois exprimé son exaspération face à l’enlisement du conflit. Une instabilité que Moscou redoute, préférant jouer le rôle de l’acteur imprévisible dans les relations internationales.

Pourtant, Poutine mise sur des appels répétés à la paix, des déclarations sans valeur réelle. Son objectif ? Gagner du temps pour reconstituer ses forces avant de relancer son offensive contre l’Ukraine, une nation démocratique qu’il cherche à anéantir.

À quel point Poutine est-il un menteur ? Il a déjà prétendu ne pas avoir pris Kiev en trois jours parce que l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson aurait dissuadé les Ukrainiens de capituler – une affirmation démentie par les faits. Tucker Carlson a contribué à diffuser cette contre-vérité lors de son interview controversée avec le dirigeant russe.

Aujourd’hui, Poutine attribue cet échec à une intervention du président français Emmanuel Macron, une nouvelle version des faits tout aussi infondée.

Ces exemples ne sont que la partie émergée de l’iceberg. En fin d’année dernière, Poutine a même accusé l’Ukraine d’avoir tenté de bombarder sa résidence de Valdai, un mensonge rapidement démenti par la CIA. Une stratégie calculée pour flatter les émotions de Trump et se présenter comme un acteur raisonnable.

Ces mensonges éhontés s’expliquent par une logique implacable : Poutine mise sur l’usure de l’opinion et la lassitude internationale pour imposer sa vision. Pourtant, après des décennies de désinformation, difficile de croire encore en sa parole.

Source : The Bulwark