Les élus locaux aux États-Unis savent quels types d’aménagements routiers réduisent les accidents graves. Pourtant, ils reportent sans cesse ces changements, espérant obtenir des subventions fédérales ou des budgets pour des reconstructions complètes. Pendant ce temps, les usagers continuent de subir des risques inutiles.
Une alternative existe : les road diets, qui transforment l’espace existant sans démolir la moindre route. En rétrécissant ou en supprimant des voies de circulation surdimensionnées, les villes peuvent créer des pistes cyclables protégées, des refuges piétons ou des zones de circulation apaisée, sans travaux majeurs.
Agir maintenant ou attendre des décennies
Les collectivités font face à un choix crucial : mettre en place rapidement un réseau de sécurité sur des dizaines, voire des centaines de blocs, ou attendre des années pour financer des infrastructures haut de gamme sur quelques rues seulement. L’objectif n’est pas de renoncer à la qualité, mais de privilégier la couverture immédiate.
Une piste cyclable protégée par du béton ou des aménagements paysagers est idéale, mais une voie d’exception sur une seule rue ne protège pas un cycliste tentant de parcourir 10 blocs en sécurité. L’étendue du réseau compte plus que la perfection ponctuelle.
La stratégie ? Capturer le territoire dès maintenant, puis renforcer les aménagements avec le temps.
Comment fonctionnent les road diets ?
Un road diet consiste à réorganiser l’espace routier en réduisant le nombre de voies de circulation pour les voitures, afin d’ajouter des pistes cyclables protégées, sans travaux lourds. Ces aménagements offrent des bénéfices mesurables pour tous les usagers :
- Sécurité globale : Les études de la Federal Highway Administration et du département des Transports américain montrent une réduction de 19 % à 47 % des accidents sur les routes converties en configuration à trois voies (avec une voie centrale pour les virages). Une analyse portant sur 45 sites en Californie, Iowa et Washington a révélé une baisse de 29 % des accidents.
- Avantages pour les automobilistes : Des voies plus étroites et moins de voies de circulation favorisent une vitesse plus régulière, réduisent les dépassements agressifs et limitent les embouteillages en accordéon. Les voies dédiées aux virages améliorent également la fluidité.
- Sécurité piétonne : Moins de voies à traverser signifie un temps d’exposition réduit aux véhicules. Les refuges piétons et les élargissements de trottoirs permettent de diminuer jusqu’à 46 % les accidents impliquant des piétons.
Deux types de protection, une même efficacité
Les deux solutions ci-dessous utilisent le même espace physique, mais diffèrent par leur mise en œuvre et leur coût :
- Pistes cyclables protégées par du béton : Séparées par des bordures en béton (6 à 8 pouces de haut), elles sont plus durables et efficaces contre les intrusions de véhicules. Cependant, elles nécessitent des travaux de coffrage, de coulage et d’adaptation aux intersections, ce qui augmente les coûts.
- Pistes cyclables peintes avec plots flexibles : Utilisant des marquages au sol et des délinéateurs souples (espacés tous les 20 pieds), elles sont rapides à installer (souvent en quelques semaines), peu coûteuses et modulables. Elles peuvent être ajustées ou retirées si nécessaire, tout en offrant une bonne protection.