Un rapport scientifique exige des mesures fortes contre les énergies fossiles

Les pays réunis pour le premier sommet mondial dédié à la sortie des énergies fossiles reçoivent un appel clair : stopper toute nouvelle expansion des énergies fossiles et écarter le gaz comme solution de transition. Ces recommandations proviennent d’un rapport scientifique préliminaire, révélé par Carbon Brief, qui servira de base aux discussions.

Un sommet historique à Santa Marta

Cinquante nations se retrouveront à Santa Marta, en Colombie, du 24 au 29 avril pour débattre des moyens de « sortir progressivement » des énergies fossiles, face à l’urgence climatique et aux prix élevés du pétrole. Ce sommet, co-organisé par la Colombie et les Pays-Bas, rassemble ce qu’ils appellent la « coalition des volontaires ».

Avant l’arrivée des représentants gouvernementaux, des chercheurs du monde entier se réuniront cette semaine pour présenter les dernières données scientifiques sur la sortie des énergies fossiles. Leurs travaux alimenteront les débats entre décideurs politiques.

Douze recommandations clés pour les gouvernements

Le rapport préliminaire, intitulé « Perspectives d’action pour le processus de Santa Marta », propose douze « enseignements d’action » et une série de recommandations concrètes. Parmi elles :

  • Supprimer progressivement les subventions à la production et à la consommation d’énergies fossiles ;
  • Lancer un forum pour élaborer un cadre juridique interdisant la publicité pour les énergies fossiles ;
  • Interrompre toute nouvelle expansion des infrastructures pétrolières, gazières et charbonnières.

Ce document, élaboré par un groupe de 24 scientifiques, vise à fournir aux gouvernements des pistes d’action immédiates. Une version finale sera publiée fin avril après des ajustements lors de la phase académique du sommet.

Une initiative née après l’échec de la COP30

Ce sommet s’inscrit dans la continuité des négociations climatiques, après l’échec des pays à adopter un « plan de sortie » des énergies fossiles lors de la COP30 au Brésil en novembre dernier. Le Dr Friedrich Bohn, auteur principal du rapport et chercheur à l’Institut de résilience terrestre en Allemagne, explique :

« Lorsque la Colombie et les Pays-Bas ont annoncé l’organisation de ce sommet, nous avons pensé : ‘C’est une excellente nouvelle, mais elle doit s’appuyer sur des preuves scientifiques.’ »

Grâce à des contacts préexistants avec le gouvernement colombien, les scientifiques ont pu collaborer étroitement avec les autorités. Ce qui devait initialement être un article scientifique est devenu un rapport de synthèse, enrichi par les retours des décideurs.

Un processus accéléré par la bonne volonté internationale

Le rapport est le fruit d’un travail rapide, rendu possible par la mobilisation des chercheurs et des gouvernements. Une version finale sera publiée fin avril, après une phase de relecture et d’enrichissement lors du sommet de Santa Marta. L’objectif : fournir aux pays des outils concrets pour accélérer la transition énergétique.