Le succès retentissant de Michael rappelle une évidence : le genre du biopic est souvent perçu comme l’un des plus rigides et prévisibles du cinéma. Il suffit de dépeindre son sujet comme un génie moralement irréprochable, d’égrener quelques faits marquants tirés de Wikipedia, et d’y ajouter des éléments qui flattent le public pour s’assurer des applaudissements. Pourtant, le premier trailer de Tony, le biopic d’A24 consacré au chef et écrivain Anthony Bourdain, laisse entrevoir une approche bien différente.

On y découvre des fragments de sa vie : ses difficultés d’écrivain, son échec à obtenir une bourse et son entrée en cuisine par nécessité financière. Les images montrent Bourdain (joué par Dominic Sessa, révélé dans Les Éternels) discutant avec une jeune femme (Emilia Jones), subissant les brimades de ses collègues (dont Leo Woodall de The White Lotus et le comédien Stavros Halkias), et apprenant auprès d’un mentor exigeant (Antonio Banderas). Bien sûr, le trailer inclut aussi des extraits de ses célèbres descriptions culinaires, où chaque plat devient une expérience universelle.

Mais c’est la tonalité même de Tony qui intrigue. Le film semble conscient de son propre artifice. Quand le personnage de Bourdain qualifie l’intrigue de « récit initiatique », ou qu’Emilia Jones lui demande s’il est un « bon » ou un « mauvais » garçon, on pressent que ce biopic ne suivra pas les codes traditionnels. Cette impression se confirme lorsque l’on découvre que le réalisateur n’est autre que Matt Johnson, déjà à l’origine de Nirvanna the Band the Show et du récent BlackBerry.

Ce dernier, acclamé pour son approche à la fois drôle et subversive, a révolutionné le genre du biopic avec BlackBerry. Contrairement aux films comme Air ou Flamin’ Hot, qui idéalisent leurs protagonistes, Johnson dépeint les personnages comme des anti-héros : des entrepreneurs maladroits ou des figures toxiques, comme Jim Balsillie, interprété par Glenn Howerton. Une approche qui contraste radicalement avec les biopics classiques.

Pour Bourdain, connu pour son rejet des faux-semblants, cette méthode est idéale. Le chef n’a pas seulement popularisé la cuisine à travers ses émissions : il a su en capturer l’essence universelle, mettant en lumière les personnes derrière les plats. Tony ne sera pas un simple hommage à l’homme aux cheveux argentés, mais une plongée dans les coulisses de sa construction. Et pour cela, Johnson semble le réalisateur parfait pour tracer une nouvelle voie dans le genre.

Le film sortira au cinéma en août 2026.

Source : Den of Geek