Donald Trump s’en prend depuis des semaines au pape François, critiquant ses prises de position sur la guerre en Iran. Cette semaine, ses attaques ont atteint un niveau inédit : il a accusé le souverain pontife de « mettre en danger les catholiques » en prônant la paix plutôt que de soutenir sa politique belliqueuse.
Ces propos, à la fois personnels et mal avisés, interviennent alors qu’un nouveau sondage révèle que Trump perd largement son duel face au pape. Non seulement une majorité écrasante rejette ses attaques, mais elle soutient également la position du pape sur le fond du débat. Un signe encourageant, selon les observateurs.
Pour en discuter, Greg Sargent, animateur du podcast The Daily Blast, reçoit Sarah Posner, spécialiste des questions religieuses et contributrice à Talking Points Memo. Elle anime également le podcast Reign of Error.
Les attaques de Trump contre le pape : une stratégie désespérée ?
Lors d’une récente intervention dans un podcast conservateur, Trump a réitéré l’une de ses accusations préférées : le pape serait favorable à ce que l’Iran obtienne l’arme nucléaire. Une affirmation qu’il a assortie d’une nouvelle menace : selon lui, les catholiques seraient « mis en danger » par les positions du pape.
« Le pape préfère parler du fait qu’il est acceptable pour l’Iran d’avoir l’arme nucléaire. Je ne trouve pas ça très bien. Je pense qu’il met en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens. »
— Donald Trump, lors d’une interview sur un média conservateur
Sarah Posner analyse cette rhétorique comme un aveu de faiblesse : « Trump tente désespérément de contester le message de paix du pape. Il en vient à tenir des propos absurdes, affirmant que le pape ne se soucie pas de l’arme nucléaire iranienne et que cette indifférence menace les catholiques. Si Trump était sûr de l’emporter dans ce débat, il n’aurait pas besoin de s’abaisser à de telles déclarations sur une radio d’extrême droite. »
Un rejet massif de la part de l’opinion publique
Un sondage du Washington Post publié cette semaine confirme l’impopularité des attaques de Trump. 57 % des Américains rejettent son affirmation selon laquelle le pape serait favorable à l’arme nucléaire iranienne. Pire encore, 87 % des sondés désapprouvent la publication récente d’une image le représentant en Jésus-Christ.
Pour Sarah Posner, ces chiffres reflètent un rejet plus large de la stratégie de Trump : « Ces résultats montrent que le public ne se laisse pas manipuler par ses provocations. Il comprend que ses attaques contre le pape sont avant tout une tentative de détourner l’attention des échecs de sa politique. »
Une bataille idéologique aux conséquences électorales
Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large, où Trump cherche à mobiliser son électorat en s’attaquant aux institutions traditionnelles, y compris religieuses. Pourtant, les sondages suggèrent que cette stratégie pourrait se retourner contre lui. Les électeurs, y compris les catholiques, semblent de plus en plus méfiants face à ses méthodes.
Sarah Posner conclut : « Trump mise sur la polarisation, mais ses excès pourraient lui aliéner une partie de l’électorat modéré. Le pape, en revanche, incarne une voix de modération et de paix, ce qui séduit une majorité d’Américains. »