Un homme du Colorado vit un véritable cauchemar dystopique après avoir été piégé dans une boucle infernale de contrôles policiers injustifiés. Kyle Dausman, résident de Cherry Hills Village, près de Denver, subit depuis des mois des interpellations systématiques chaque fois qu’il prend le volant. Son crime ? Une erreur dans une base de données liée à une plaque d’immatriculation.

Selon ses déclarations à la chaîne locale 9News, Dausman est harcelé par la police locale dès qu’il quitte son domicile. Les forces de l’ordre reçoivent automatiquement des alertes en temps réel grâce aux caméras de surveillance Flock Safety, un système de reconnaissance de plaques d’immatriculation (ALPR) basé sur l’intelligence artificielle. « Je me fais systématiquement arrêter. Je ne peux plus utiliser mon pick-up normalement. Je sens même ma sécurité menacée », a-t-il expliqué à des journalistes locaux. « Les policiers surgissent de nulle part et me suivent immédiatement avec les gyrophares allumés. »

Interrogée par 9News, la police de Cherry Hills Village a confirmé que Dausman n’avait commis aucune infraction. L’erreur provient d’un mandat d’arrêt erroné enregistré dans la base de données du Colorado Crime Information Center. Flock Safety, dont les caméras ALPR se multiplient aux États-Unis, compte des centaines d’appareils en activité rien qu’autour de Denver. Le comté d’Arapahoe, où se situe Cherry Hills Village, recense à lui seul 283 caméras actives selon DeFlock, un outil citoyen de suivi des déploiements ALPR.

Bien que la police de Cherry Hills ait rapidement retiré Dausman de sa liste d’alerte après quelques vérifications, la densité des caméras dans la région rend ses déplacements quasi impossibles sans être interpellé. « Partout dans l’État, à chaque fois que je passe devant une caméra, les policiers reçoivent une alerte indiquant ma présence », a-t-il déclaré. Selon 9News, cette erreur administrative remonterait à un mandat erroné émis dans le comté de Gilpin, au Colorado.

Lorsqu’il a tenté de régulariser la situation en contactant le tribunal du comté de Gilpin, Dausman s’est heurté à un mur administratif. Les responsables lui ont répondu qu’il devait fournir le nom du suspect lié au mandat erroné – une information que les autorités refusent de divulguer, le dossier étant toujours en cours. « Une fois que vous êtes dans le système Flock, c’est à vous de vous en sortir. Vous devez assumer toute la responsabilité pour en sortir », a-t-il expliqué aux journalistes. Désormais marqué par ce système, Dausman ignore quels risques il encourt à chaque contrôle routier. Une simple erreur de base de données pourrait lui valoir des retards coûteux, voire des réactions violentes de la part des forces de l’ordre. « Tout ce que je sais, c’est que je suis désormais dans le système. Et une fois dedans, il n’y a pas de sortie facile », a-t-il conclu.

Source : Futurism