Adriana Quiroz Zapata, une Colombienne victime de torture, a été déportée vers la République démocratique du Congo (RDC) par les services d'immigration américains (ICE), malgré l'absence totale de liens avec ce pays.

Cette décision intervient après des années de persécutions en Colombie, où elle avait fui les violences policières liées à son ex-compagnon. En 2023, elle avait échappé à une tentative de déportation vers la Colombie grâce à la Convention contre la torture, qui interdit ce type de renvoi. Les autorités américaines avaient alors tenté de l'abandonner au Mexique, mais les services d'immigration mexicains avaient refusé de l'accueillir.

Le 16 avril 2024, elle a finalement été expulsée des États-Unis, accompagnée de quatorze autres personnes, vers un pays où elle n'a aucun repère ni soutien.

Une expulsion qualifiée de « cruelle » par un élu américain

Le représentant démocrate Rob Menendez (D-N.J.), dont la circonscription compte des membres de la famille de Zapata, a dénoncé une décision motivée par la volonté de se débarrasser d'elle, sans égard pour sa survie.

« Il n'y a aucune limite à leur cruauté. Les Américains doivent savoir qu'il y a un décalage total entre ce que l'administration Trump leur a vendu et la réalité. Des personnes en situation protégée sont déportées vers des pays tiers en Afrique, alors que des Américains sont abattus dans la rue. L'hypocrisie est flagrante. »

Menendez a également critiqué le silence des républicains face à cette politique d'expulsions massives, qualifiant leur inaction de complicité. Il a averti : « Si nous ne la ramenons pas, elle mourra. »

Un état de santé qui se dégrade en détention

Les problèmes de santé d'Adriana Quiroz Zapata, déjà signalés en 2023, se sont aggravés. Son prédiabète s'est transformé en diabète en raison de son régime alimentaire en détention. Les médicaments prescrits ne sont pas disponibles en RDC, selon son avocate, Lauren O’Neal.

Cette dernière a décrit sa cliente comme « fragile » et « très sensible », sans pouvoir préciser son état mental et physique, Zapata n’ayant pas répondu aux demandes de commentaires.

Une situation qui pourrait empirer

Dans une lettre datée du 23 avril adressée à l'USCIS, l’avocate a révélé que Zapata ne reçoit que du pain et de l’eau, avec un accès encadré à une supérette. Pire encore, des pressions auraient été exercées sur elle par des représentants de la RDC et de la Colombie, qui chercheraient à lui faire signer des documents renonçant à ses droits.

Une stratégie qui, selon O’Neal, pourrait servir à faciliter son expulsion définitive vers un autre pays, sans garantie de sécurité.

Source : The Bulwark