Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a annoncé mardi que David Venturella, ancien cadre supérieur du groupe GEO Group, prendra la tête de l'ICE (Immigration and Customs Enforcement) en tant que directeur par intérim à partir du 31 mai. Il succédera à Todd Lyons, actuel responsable par intérim.
Cette nomination intervient alors que l'ICE, sous la direction de l'administration Trump, intensifie ses opérations de déportation et étend son système de détention des migrants. Venturella, dont l'expérience dans le secteur privé est bien connue, supervisera ces activités alors que l'agence bénéficie d'un financement sans précédent.
GEO Group, leader des prisons privées aux États-Unis et principal fournisseur de l'ICE, voit ses contrats et ses revenus exploser. Lors d'un appel sur les résultats du 6 mai, le PDG George Zoley a souligné que 2025 a été l'année la plus fructueuse de l'histoire de l'entreprise, avec des revenus annuels supplémentaires estimés à 520 millions de dollars grâce aux nouveaux contrats avec l'ICE.
Zoley a également révélé que GEO Group dispose de 6 000 lits de haute sécurité inutilisés, capables de générer plus de 300 millions de dollars de revenus annuels si l'ICE les remplit de détenus migrants. Ces perspectives optimistes pour 2026 s'appuient sur une normalisation des nouveaux contrats signés en 2025.
Cette nomination s'inscrit dans une tendance récurrente : plusieurs hauts responsables de l'administration Trump, dont l'ancien « tsar des frontières » Tom Homan, ont des liens étroits avec GEO Group. De même, d'anciens responsables de l'ICE ont rejoint le groupe après leur départ du gouvernement. Selon le Washington Post, au moins six anciens cadres de l'ICE occupent désormais des postes clés chez GEO Group.
« Si un exemple illustre le phénomène de la porte tournante, c'est bien David Venturella. Il incarne le passage entre des postes élevés à l'ICE, GEO Group, puis de nouveau à l'ICE. »Silky Shah, directrice du Detention Watch Network, une organisation de défense des droits des migrants, a réagi à cette nomination. Elle craint que cette expérience ne conduise à une augmentation des centres de détention sous l'impulsion de Venturella, profitant d'un financement accru et d'une politique migratoire plus stricte.