L’année 2026 s’annonce comme un tournant pour le cinéma adapté de jeux vidéo. Avec *Super Mario Bros. Movie*, déjà un succès historique, *Iron Lung* de Markiplier, ou encore *Mortal Kombat II* et *Street Fighter* en préparation, les blockbusters issus de l’univers du gaming dominent les écrans. Pourtant, pour les fans de super-héros, cette année marque plutôt un déclin : *Avengers: Doomsday* peine à convaincre, *Daredevil: Born Again* peine à trouver son public, et *Spider-Man: Brand New Day* risque d’étouffer son héros sous une pléthore de personnages secondaires.
James Gunn tente de redynamiser l’univers DC avec des projets comme *Supergirl*, *Clayface* ou *Lanterns*, mais ces initiatives restent confidentielles comparées à l’âge d’or des super-héros. Les jeux vidéo semblent prêts à prendre le relais. Faut-il pour autant enterrer les films de super-héros ? Pas nécessairement. Voici cinq leçons que ces derniers pourraient tirer de leurs jeunes frères pour rester pertinents.
1. Osez l’humour sans vous moquer de vous-même
Dans *Mortal Kombat*, Liu Kang utilise une série de balayages de jambes contre Kano, une tactique typique des jeux de combat. Le film assume cette absurdité en la rendant drôle, tout en célébrant ensuite des moments épiques, comme la création d’un dragon enflammé. Le message est clair : les jeux vidéo célèbrent leurs mécaniques, même les plus ridicules.
Les films de super-héros, eux, se contentent souvent de se moquer de leurs propres codes. Que ce soit en ridiculisant Peacemaker pour son casque en forme de cuvette ou en soulignant l’absurdité du nom « Otto Octavius », ces clins d’œil risquent de dévaloriser l’univers plutôt que de le moderniser. À l’inverse, *Thor: Love and Thunder* ou *She-Hulk: Attorney at Law* ont donné l’impression de condescendre autant envers les fans qu’envers les nouveaux spectateurs. Le résultat ? Des films qui ne célèbrent pas, mais qui jugent.
2. Répondez aux attentes du public
Personne ne prétendra que les films *Super Mario Bros.* sont des chefs-d’œuvre du cinéma. Pourtant, ils battent des records au box-office. Pourquoi ? Parce qu’ils misent sur ce que le public attend : des personnages iconiques, mais aussi une foule de détails issus des jeux. Bowser, Peach et Mario sont bien là, mais le film intègre aussi Dry Bones, Kamek, Rosalina ou Wart, des éléments qui ravissent les fans.
Les films de super-héros, eux, ont souvent tendance à se concentrer sur un noyau dur de personnages, au détriment de la diversité qui fait leur richesse. *Spider-Man: Brand New Day* en est un exemple : en voulant trop en faire, il risque de diluer l’identité de son héros. Les adaptations de jeux vidéo, elles, savent que les fans veulent retrouver l’intégralité de l’univers, même les éléments les plus obscurs.
3. Créez des personnages mémorables, pas seulement des icônes
Les jeux vidéo excellent à donner vie à des personnages secondaires ou éphémères, qui deviennent cultes auprès des joueurs. *Mortal Kombat* a su capitaliser sur cette force en offrant à Kano ou Shang Tsung une présence aussi marquante que les héros principaux.
Les films de super-héros, en revanche, peinent souvent à développer des personnages en dehors de leur cercle restreint. Pourtant, des exemples comme *Deadpool* ou *Joker* prouvent qu’un antagoniste ou un personnage secondaire bien écrit peut devenir aussi populaire que le héros. Les adaptations de jeux vidéo rappellent une évidence : le public ne se contente plus des figures principales. Il veut des univers riches, avec des personnages qui sortent de l’ordinaire.4. Misez sur l’action, pas seulement sur les effets spéciaux
Les jeux vidéo ont une longueur d’avance en matière de chorégraphie d’action. *Mortal Kombat* et *Street Fighter* ne se contentent pas de montrer des combats : ils les rendent jouissifs, en s’inspirant directement des mécaniques des jeux. Le résultat ? Des scènes qui semblent tout droit sorties d’une manette.
Les films de super-héros, eux, misent souvent sur des effets spéciaux spectaculaires, mais au détriment de la fluidité des combats. *Avengers: Endgame* en est un bon exemple : malgré des scènes impressionnantes, l’action manque parfois de rythme. Les adaptations de jeux vidéo rappellent qu’une bonne chorégraphie, même simple, peut être plus satisfaisante qu’une débauche de CGI.
5. Acceptez de prendre des risques
Les jeux vidéo osent des mécaniques audacieuses, des récits non linéaires ou des univers fantastiques. *Iron Lung*, par exemple, a surpris par son approche minimaliste et son ambiance oppressante, loin des blockbusters habituels. Pourtant, le film a su trouver son public grâce à son originalité.
Les films de super-héros, eux, restent souvent cantonnés à des formules éprouvées. *Avengers: Doomsday* ou *The Flash* en sont des exemples : malgré des budgets colossaux, ils peinent à innover. Les adaptations de jeux vidéo montrent qu’il est possible de prendre des risques, même avec des franchises établies. Le public est prêt à suivre, à condition de lui proposer quelque chose de nouveau.
Conclusion : le futur des super-héros passe par l’audace
Les films de super-héros ne sont pas condamnés à disparaître. Mais pour rester pertinents, ils doivent apprendre des adaptations de jeux vidéo : célébrer leurs univers sans se moquer d’eux, répondre aux attentes des fans, développer des personnages mémorables, soigner l’action et oser innover. Sans cela, ils risquent de se faire distancer par des concurrents plus dynamiques et plus proches des attentes du public.