Depuis la fin du mois de février, la guerre non déclarée menée par l’administration Trump en Iran a engendré une hausse estimée à 20 milliards de dollars des dépenses des Américains en carburant. Face à cette situation, les propositions du Congrès, dont le vote sur le projet de loi bipartisan DOMINANCE Act, pourraient encore aggraver la crise énergétique cet été.
Cette semaine, la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants doit examiner ce texte, qui vise à réduire la dépendance des États-Unis aux minerais critiques contrôlés par la Chine. Pour y parvenir, le projet prévoit notamment la création d’un Bureau de la sécurité et de la diplomatie énergétiques au sein du Département d’État. Ce nouvel organisme s’inspirerait du Bureau des ressources énergétiques, supprimé en 2023 par le Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE).
Avant sa fermeture, ce bureau supervisait les exportations énergétiques américaines et facilitait les partenariats entre le secteur privé et les marchés émergents. Plusieurs élus démocrates ont déjà demandé au secrétaire d’État Marco Rubio de réintégrer ce bureau et de recruter ses anciens employés. Dans une lettre, ils soulignent la nécessité d’expertise énergétique pour limiter les conséquences de cette guerre mal planifiée et préserver la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.
« Sans ce bureau, les États-Unis continueront à agir de manière désordonnée dans les négociations géopolitiques sur l’énergie, notamment au Moyen-Orient et dans le détroit d’Ormuz », ont-ils alerté. « Le rétablissement de ce bureau et de ses experts est la meilleure solution pour atténuer les dommages et éviter de nouveaux chocs sur les marchés. »
Cependant, cette initiative soulève des questions sur son efficacité réelle. Les États-Unis ont produit un niveau record d’énergie l’an dernier, selon l’Administration d’information sur l’énergie (EIA), et la fermeture du bureau n’a pas eu d’impact visible sur la production nationale. De plus, son budget était déjà colossal : plus de 40 millions de dollars étaient alloués à des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, déjà largement subventionnés par d’autres agences fédérales.
Parmi ses dépenses controversées figuraient également des financements pour des initiatives de décarbonation au Kazakhstan, le développement des énergies propres dans les Caraïbes et des programmes pour l’autonomisation des femmes en Amérique latine. Pourtant, les partisans de sa réouverture estiment que son absence a laissé l’administration sans ressources pour anticiper les répercussions de la guerre en Iran sur les prix de l’énergie.
Cette argumentation suppose que l’administration Trump aurait consulté des experts avant de déclencher un conflit qu’elle souhaitait mener de toute façon. Une hypothèse peu probable, au vu des décisions passées du président, qui n’a pas hésité à ignorer les avis des économistes lors de la mise en œuvre de politiques controversées.