Le représentant Thomas Massie (R–Kentucky), élu depuis longtemps et connu pour ses positions libertariennes, se trouve aujourd’hui au cœur d’une bataille politique sans précédent. Dans son district, les électeurs devront bientôt trancher : le reconduire dans ses fonctions ou le remplacer par Ed Gallrein, soutenu par l’administration Trump. Cette dernière lui reproche son opposition à l’Omnibus Bill, aux tarifs douaniers imposés par le président, ainsi qu’à une politique étrangère de plus en plus néoconservatrice.

Pour discréditer Massie, ses détracteurs ont exhumé une accusation aussi vague qu’infondée : une ancienne compagne, Cynthia West, affirme qu’il lui aurait versé 5 000 dollars en échange de son silence. Les médias, reprenant cette allégation, ont titré : « Thomas Massie accusé de verser des pots-de-vin ». Pourtant, Massie dément catégoriquement :

« Toutes les allégations de conduite inappropriée sont fausses. Je n’ai jamais proposé d’argent en échange du silence. »

Les faits, eux, sont clairs. En juin 2024, l’épouse de Massie, Rhonda, décède tragiquement après 35 ans de mariage. Le congressman, profondément affecté, se remarie par la suite. Entre septembre 2024 et début 2025, il entretient une relation avec Cynthia West, principalement à distance, celle-ci résidant en Floride. Pour faciliter leur rapprochement, Massie lui suggère de déménager à Washington et de postuler à un poste vacant dans le bureau de la représentante Victoria Spartz (R–Indiana).

Selon Massie, il lui aurait versé entre 5 000 et 10 000 dollars pour l’aider à couvrir ses frais de déménagement et d’autres dépenses. « Elle m’a indiqué que son ex-mari ne lui versait ni pension alimentaire ni pension pour les enfants », a-t-il expliqué au Cincinnati Enquirer. Après leur rupture en janvier 2025, West aurait restitué une partie de la somme, jusqu’à 5 000 dollars selon Massie. West, qui avait obtenu un contrat temporaire de 90 jours dans le bureau de Spartz, affirme quant à elle avoir été « licenciée » et a engagé un recours pour licenciement abusif. L’Office of Congressional Workplace Rights a proposé un règlement à l’amiable, mais l’affaire reste en suspens.

Derrière cette accusation se cache une manœuvre politique ciblée. Les opposants de Massie cherchent à le discréditer, lui qui incarne l’une des rares voix républicaines à s’être opposée aux nouvelles guerres promises par Trump, au profit d’une politique de big government qu’il critique vivement. « Hush money », terme chargé de connotations négatives, est utilisé pour semer le doute, alors qu’aucune preuve ne soutient ces allégations. Pour ses partisans, il s’agit d’une campagne de diffamation visant à punir un élu qui refuse de se soumettre à la ligne du parti.

Source : Reason