Une série Netflix qui passe sous silence les controverses de Hulk Hogan

La série documentaire Hulk Hogan: Real American, diffusée sur Netflix, figure parmi les programmes les plus regardés actuellement. Pourtant, malgré son ambition affichée de dépeindre Terry Bollea (alias Hulk Hogan) dans toute sa complexité, elle échoue à remplir sa mission. Comme Mr. McMahon en 2024, ce documentaire produit par la WWE offre une version aseptisée de l’histoire, flirtant avec la vérité avant de reculer pour présenter un Hogan sous un jour presque héroïque.

Un portrait qui exonère systématiquement Hogan

Sur près de cinq heures de diffusion, le documentaire présente Hogan comme une victime des circonstances. Son usage de stéroïdes ? Une pratique courante à l’époque. Ses propos racistes ? Une conséquence de son éducation. Ses mensonges en justice ? Une simple protection pour un ami. Même ses menaces de meurtre envers son ex-épouse Linda et son nouveau compagnon, évoquées dans un entretien avec Rolling Stone, sont minimisées : Hogan aurait simplement bu une bière et confondu le journaliste avec un ami.

À chaque révélation accablante, le documentaire trouve une excuse pour absoudre Hogan. Les excuses fusent, mais jamais les explications ne sont approfondies. Pire encore, Hogan est systématiquement présenté comme la seule source crédible, sans contrepoint ni débat contradictoire. Les omissions sont tout aussi frappantes : des pans entiers de sa carrière ou de sa vie personnelle sont passés sous silence pour préserver l’image du catcheur.

Les silences les plus troublants

Plusieurs épisodes clés de la vie de Hogan sont délibérément ignorés. Par exemple, son rôle dans la répression de la tentative de syndicalisation des lutteurs par Jesse Ventura dans les années 1980, qui lui a valu les faveurs de Vince McMahon au détriment des droits des travailleurs. Son influence néfaste sur la WCW, où son contrôle créatif a contribué à la chute de la fédération, est à peine évoquée. De même, son deuxième mariage, qui a duré onze ans, est à peine mentionné : le documentaire le présente comme célibataire de 2007 à 2023, omettant sa remariage.

Autre absence notable : Brook Hogan, sa fille aînée, n’apparaît pas dans le documentaire. Pourtant, elle s’est publiquement distanciée de son père en raison de ses propos et de ses actes. Ces choix éditoriaux soulèvent des questions sur l’objectif réel de cette production : s’agit-il d’un hommage ou d’une opération de communication pour la WWE ?

Une rédemption trop facile

Le documentaire insiste sur la prétendue « rédemption » de Hogan en 2023, présentée comme une transformation radicale. Pourtant, les dommages causés par ses actes racistes, ses mensonges et ses manipulations professionnelles restent irréparables. En évitant soigneusement d’aborder ces sujets, la série rate l’opportunité de proposer une analyse honnête et équilibrée de l’un des personnages les plus controversés du catch.

« Hogan est toujours présenté comme une victime, jamais comme un coupable. Le documentaire évite les sujets qui dérangent, préférant une narration lisse et complaisante. »

Conclusion : une hagiographie déguisée en documentaire

Malgré son format ambitieux, Hulk Hogan: Real American se révèle être une production biaisée, où les faits gênants sont minimisés ou ignorés. En refusant de confronter Hogan à ses responsabilités, la série rate une occasion de proposer un portrait véritablement nuancé. À l’ère des documentaires qui osent aborder les zones d’ombre des célébrités, cette production reste un exemple de complaisance, où la vérité est sacrifiée au profit d’une image édulcorée.

Source : SB Nation