Le SOPK, un trouble hormonal fréquent et difficile à traiter
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche entre 10 % et 13 % des femmes en âge de procréer dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce trouble endocrinien se caractérise notamment par des difficultés à perdre du poids, des déséquilibres hormonaux et une résistance à l'insuline. Les traitements conventionnels, comme la pilule contraceptive, peuvent entraîner des effets secondaires indésirables, tels que des perturbations de l'humeur, une baisse de la libido ou un risque accru d'accident vasculaire cérébral.
Le jeûne intermittent, une alternative prometteuse
Une étude publiée dans Nature Medicine suggère que le jeûne intermittent (JI) pourrait améliorer les hormones chez les femmes atteintes de SOPK, facilitant ainsi la perte de poids. Krista Varady, professeure en kinésiologie et nutrition à l'Université de l'Illinois à Chicago et coauteure de l'étude, explique :
« Nous cherchons des moyens de réduire naturellement les niveaux de testostérone chez ces femmes. Le jeûne intermittent, en favorisant une perte de poids d'environ 5 %, peut aider à abaisser la testostérone sans recourir à des médicaments. »
Une méthode simple et efficace
Le jeûne intermittent, ou alimentation à horaires restreints, consiste à alterner des périodes de jeûne et des fenêtres d'alimentation. Contrairement aux régimes restrictifs, cette approche se concentre sur le moment des repas plutôt que sur leur contenu. Kristin Kirkpatrick, diététicienne à la Cleveland Clinic, souligne :
« Le jeûne intermittent peut améliorer l'adhésion à un régime pour certaines personnes, comparé au comptage des calories ou des macronutriments. Cependant, la qualité nutritionnelle reste essentielle. »
Les résultats de l'étude sur 6 mois
L'étude a suivi 76 participantes réparties en trois groupes pendant six mois :
- Un groupe suivant un régime de jeûne intermittent (13h00-19h00) sans restriction calorique ;
- Un groupe avec restriction calorique (25 % d'énergie en moins) ;
- Un groupe témoin sans restriction alimentaire.
Les deux premiers groupes ont enregistré une perte de poids significative après six mois. Les participantes du groupe JI ont également montré des améliorations de leurs niveaux de testostérone et d'A1C, un marqueur du risque de diabète.
Varady précise :
« Le jeûne intermittent quotidien pourrait remplacer le comptage des calories pour les femmes atteintes de SOPK souhaitant perdre du poids. Les deux méthodes aident à réduire la résistance à l'insuline, un problème courant chez ces patientes et un facteur de risque pour le diabète. De plus, le JI peut contribuer à abaisser les niveaux de testostérone, responsable de nombreux symptômes du SOPK. »
Une solution adaptée aux besoins des patientes
Cette étude ouvre la voie à des traitements moins invasifs pour le SOPK, évitant les effets secondaires des médicaments. Le jeûne intermittent, en plus de ses bénéfices sur la perte de poids, pourrait améliorer la qualité de vie des femmes concernées en régulant naturellement leurs hormones.