La Cour suprême des États-Unis a finalement tranché dans l’affaire Louisiana v. Callais, mettant un terme à des mois de suspense. Le chief justice a prononcé le nom de l’affaire comme « waylay », un détail qui a marqué les esprits.

Plusieurs mois se sont écoulés entre les plaidoiries d’octobre et l’annonce de la décision. Cette durée prolongée a alimenté des spéculations selon lesquelles les juges dissidents auraient pu ralentir le processus pour influencer les redistricting républicains. Pourtant, l’opinion majoritaire rédigée par le juge Alito se distingue par son absence de réponse détaillée à la dissidence, suggérant une rédaction rapide et peu contestée. Aucune opinion concurrente n’a été publiée, et l’avis majoritaire a obtenu six voix sans ambiguïté.

Une durée de cinq mois pour une décision de 90 pages, sans réponse à la dissidence, est-elle inhabituelle ? Généralement, non. Cependant, dans un contexte où une partie a intérêt à agir vite, l’autre peut ne pas se presser. Les rumeurs persistent, notamment celles évoquées dans le dernier livre de Molly Hemmingway, qui suggère que les dissidents du cas Dobbs auraient retardé la publication de l’opinion après la fuite.

Cette décision rappelle un précédent récent : Allen v. Milligan, tranché quelques semaines avant Students for Fair Admissions (SFFA). À l’époque, certains avaient spéculé que le chief justice Roberts et le juge Kavanaugh avaient statué contre l’Alabama pour atténuer l’impact de la fin (partielle) de l’action positive. Aujourd’hui, la Cour s’appuie sur SFFA pour réduire, voire annuler, Milligan. Pourtant, sur le fond, il n’y a pas de divergence apparente entre le juge Alito et le chief justice. Ce dernier aurait pu préférer ne pas invalider la section 2 du Voting Rights Act pour préserver l’apparence de la jurisprudence constante.

Cette décision marque la fin de l’asymétrie du Voting Rights Act. Les démocrates perdent leur avantage dans les États conservateurs. Si l’impact sur les élections de mi-mandat de 2026 reste incertain, l’affaire Callais pourrait avoir des répercussions majeures après le recensement de 2030. Les dynamiques politiques pourraient évoluer : pour la première fois depuis des générations, les électeurs noirs et hispaniques vivront dans des circonscriptions où le résultat n’est pas prédéterminé. Les partis pourraient adapter leur stratégie pour séduire ces électeurs, voire les inciter à participer aux primaires républicaines pour influencer des scrutins serrés.

Comme souvent après une décision de la Cour suprême, il est prématuré de prédire un effondrement. Les institutions savent s’adapter aux changements.

Source : Reason