Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment critiqué la gestion par les États-Unis du conflit avec l'Iran, qualifiant la stratégie américaine de « incohérente » et soulignant l'absence de résultats tangibles après des mois de tensions.

Lors d'une intervention devant des élèves d'un lycée de Marsberg, dans l'ouest de l'Allemagne, Merz a déclaré :

« Il y a une impression que c'est l'ensemble de la nation américaine qui est humiliée par la direction iranienne, en particulier par les Gardiens de la révolution. »

Il a ajouté :

« Il est évident que les Américains ne disposent d'aucune stratégie cohérente. Et le problème fondamental de ce type de conflits est toujours le même : il ne suffit pas de s'engager, il faut aussi savoir comment en sortir. »

Ces propos interviennent alors que Donald Trump fait face à des pressions croissantes, tant sur le plan international que domestique, concernant sa politique envers Téhéran. Le président américain a maintes fois dénoncé le manque de soutien des puissances européennes dans sa guerre contre l'Iran, une alliance pourtant affichée lors d'une rencontre en mars dernier.

À cette occasion, Merz avait affirmé :

« Nous sommes sur la même longueur d'onde pour écarter ce régime terrible en Iran. »
Il avait également évoqué des discussions sur l'après-conflit, précisant :
« Nous parlerons du jour d'après, de ce qui se passera ensuite, une fois ce régime renversé. »

Cependant, les positions allemandes semblent avoir évolué depuis. Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense, a confirmé fin mars que Berlin ne participerait pas à l'envoi de navires dans la région. Merz a par ailleurs révélé avoir été tenu à l'écart des décisions initiales concernant les frappes contre l'Iran, une situation qu'il a qualifiée de « préoccupante ».

Dans un entretien récent, il a confié :

« Si j'avais su que ce conflit durerait cinq ou six semaines et s'aggraverait, j'aurais exprimé mes réserves encore plus fermement à M. Trump. »

Les répercussions économiques de cette guerre sont particulièrement lourdes pour l'Allemagne, première économie européenne. Merz a mis en garde :

« Cette guerre contre l'Iran a un impact direct sur notre performance économique et doit donc être terminée le plus rapidement possible. »

Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran a renforcé sa position face aux États-Unis, tandis que les négociations menées par Washington, notamment au Pakistan, peinent à aboutir. Plus le conflit s'éternise, plus l'image de Trump en ressort affaiblie, selon les observateurs.