WASHINGTON — L’administration Trump a pris une mesure historique en ordonnant à la Food and Drug Administration (FDA) d’accélérer l’évaluation des thérapies à base de substances psychédéliques, comme l’ibogaïne, pour traiter le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) et d’autres troubles mentaux.

Une ordonnance exécutive signée le 18 avril vise à stimuler la recherche, à élargir l’accès aux patients et à simplifier les procédures d’approbation de la FDA pour les traitements prioritaires. Parmi les substances concernées, l’ibogaïne, bien que son profil de sécurité reste mal connu, est explicitement citée dans le texte.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de réévaluation des substances contrôlées, après la récente décision de l’administration de reclasser le cannabis médical comme moins dangereux. Elle s’accompagne également d’une enveloppe de 50 millions de dollars destinée à financer des recherches au niveau des États.

Un soutien transversal, des réserves persistantes

Le projet a reçu le soutien de divers acteurs, dont des organisations de recherche, des professionnels de santé, des associations de vétérans et même le podcasteur Joe Rogan. Ces derniers y voient une avancée majeure pour répondre à la crise de santé mentale aux États-Unis, particulièrement chez les anciens combattants, fortement touchés par le SSPT.

Cependant, certains experts expriment des réserves quant à la rapidité des procédures. Richard Friedman, psychiatre et directeur de la Clinique de psychopharmacologie à Weill Cornell Medicine, a déclaré :

« Explorer l’usage des psychédéliques pour traiter des troubles résistants comme le SSPT est tout à fait raisonnable. En revanche, accélérer les tests et les évaluations au détriment de l’analyse rigoureuse de la sécurité pourrait s’avérer dangereux. »

Les principaux axes de l’ordonnance exécutive

L’ordonnance vise à cibler le fardeau du suicide et des troubles mentaux graves aux États-Unis grâce à plusieurs leviers :

  • Financement accru : 50 millions de dollars alloués aux recherches sur les psychédéliques au niveau des États.
  • Accélération des approbations : La FDA est invitée à octroyer des « Commissioner’s National Priority Vouchers » aux traitements prioritaires.
  • Élargissement de l’accès : Simplification des voies d’accès pour les patients souffrant de maladies mentales graves.

Les psychédéliques : de la contre-culture à la Maison-Blanche

Longtemps cantonnées aux marges de la société, les recherches sur les psychédéliques ont progressivement gagné en légitimité. Aujourd’hui, des substances comme le LSD, la psilocybine (champignons « magiques ») ou le DMT sont étudiées pour leurs potentiels thérapeutiques dans le traitement de :

  • La dépression
  • L’anxiété
  • Les troubles liés à la consommation de substances
  • Les addictions (alcool, tabac, opioïdes)
  • Le SSPT

Selon Matthew Johnson, professeur de psychiatrie à l’Université Johns Hopkins, cette ordonnance « s’appuie sur des décennies de recherche » et marque une étape clé dans l’intégration de ces substances en médecine.

Pourtant, malgré l’enthousiasme général, des questions persistent sur la sécurité et l’efficacité à long terme de ces traitements. Certains scientifiques appellent à la prudence, soulignant que l’urgence ne doit pas primer sur la rigueur scientifique.

Source : Healthline