Le Bitcoin a franchi la barre symbolique des 81 000 $ pour la première fois depuis janvier, atteignant son plus haut niveau depuis fin janvier. Cette progression, observée durant les heures de trading asiatiques puis américaines, marque un rebond significatif après un premier trimestre difficile, où le cours avait chuté jusqu’à près de 60 000 $.

Plusieurs facteurs ont convergé pour alimenter cette hausse :

  • Un afflux massif de capitaux institutionnels dans les ETF Bitcoin, avec des entrées nettes de 2,44 milliards de dollars en avril, un record depuis octobre 2021.
  • Des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment l’imposition par l’Iran d’un péage en Bitcoin pour les pétroliers traversant le détroit d’Ormuz, une mesure visant à contourner les sanctions internationales.
  • Une spéculation accrue sur les dérivés, avec des positions massives accumulées en prévision d’une cassure au-dessus des 80 000 $.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le marché semble avoir tourné la page des difficultés du premier trimestre.

Les ETF Bitcoin en pleine expansion

Les ETF Bitcoin américains ont enregistré des entrées nettes record en avril, avec un total de 2,44 milliards de dollars. Le fonds IBIT de BlackRock a capté à lui seul 1,71 milliard de dollars, soit 70 % du marché, renforçant son avance sur ses concurrents. Cette tendance reflète une adoption croissante des actifs numériques par les investisseurs institutionnels.

Par ailleurs, MicroStrategy, dirigée par Michael Saylor, a confirmé plusieurs achats massifs de Bitcoin en avril, portant ses réserves à 818 334 BTC.

Le Bitcoin comme outil géopolitique

L’Iran a commencé à exiger un péage de 1 $ par baril de pétrole en Bitcoin pour les navires traversant le détroit d’Ormuz depuis mars. Cette mesure, difficile à geler sous sanctions, génère des revenus significatifs : un supertanker transportant deux millions de barils rapporte ainsi 2 millions de dollars, réglés directement sur la blockchain.

Cette stratégie a temporairement fait reculer le Bitcoin à 79 000 $ lundi, avant que l’annonce par Trump de l’opération Project Freedom — une mission militaire américaine pour escorter les navires commerciaux dans le détroit — ne calme les tensions et fasse chuter les cours du pétrole de près de 5 %, relançant ainsi le Bitcoin.

Analyse des positions sur les options

Les marchés dérivés anticipaient cette hausse. Selon une note de recherche de Nomura’s Laser Digital publiée mardi, les traders avaient massivement acheté des options d’achat (calls) à bas coût ces dernières semaines. Une cassure durable au-dessus des 80 000 $ aurait permis de basculer l’indicateur de risque du Bitcoin d’un biais baissier à haussier.

Sur la plateforme Deribit, la position la plus importante en volume ouvert est un call à 80 000 $ expirant le 29 mai, avec 7 493,7 BTC en jeu. Les options d’achat représentent 58,69 % de l’intérêt ouvert total, contre 41,31 % pour les puts, bien que le volume des puts à court terme ait augmenté pour couvrir les risques extrêmes.

Les prochains catalyseurs à surveiller

Deux événements majeurs pourraient influencer le cours du Bitcoin dans les prochains jours :

  • La publication des résultats de MicroStrategy aujourd’hui, qui donnera un aperçu de la valorisation de ses réserves de Bitcoin au prix actuel.
  • Le rapport sur l’emploi américain (nonfarm payrolls) de vendredi, qui pourrait influencer les anticipations de la politique monétaire de la Fed pour l’été.

À l’heure actuelle, le Bitcoin affiche une progression de 6,2 % sur la semaine, s’échangeant à 81 035 $. Cette hausse confirme la résilience du marché et son retour en territoire haussier.