Les querelles mineures en magasin ne font généralement pas la une des journaux. Pourtant, après avoir été témoin de pratiques commerciales douteuses, je ne peux m’empêcher de partager mon expérience. Les tentatives d’upselling, ces techniques visant à faire dépenser davantage les clients, m’ont laissé sans voix.
Certains collègues de Defector m’ont suggéré à plusieurs reprises d’écrire régulièrement sur la nourriture. Leur argument ? Je serais un passionné de gastronomie, voire un excentrique de l’alimentation. J’ai toujours refusé, non seulement parce qu’écrire une chronique représente un travail, mais aussi parce que je suis le consommateur le plus facile à satisfaire qui soit. Une chronique sur la nourriture aurait sans doute pour titre Portions, car j’aurais évalué chaque établissement en fonction de la quantité de nourriture servie dans mon assiette. (Ce texte pourrait d’ailleurs servir d’exemple pour expliquer pourquoi me confier une rubrique culinaire serait une mauvaise idée.)
Mais il y a une autre raison à mon refus : je suis aussi l’un des plus radins au monde. Si une telle chronique existait, son principe serait : « Ce n’est pas l’affaire que tu fais, c’est l’affaire que tu crois faire. » Faire croire au client qu’il en a pour son argent n’est pas une science, c’est un art. Mon dernier déjeuner en est la preuve : une expérience aussi coûteuse que désastreuse.
L’art de la facture salée
Mon repas de la semaine dernière a été une véritable leçon d’upselling. Chaque étape du service semblait conçue pour vider mon portefeuille, sans que je m’en aperçoive sur le moment. Les prix étaient justifiés par des arguments fallacieux, les portions minimales, et les suppléments s’accumulaient comme les couches d’un gâteau mal cuit.
Quand le marketing prend le dessus
Les restaurants utilisent des techniques subtiles pour maximiser leurs profits. Voici quelques exemples de ces pratiques que j’ai pu observer :
- Les menus pièges : Des plats présentés comme des « offres spéciales » ou des « menus dégustation » à prix fixe, mais dont le contenu est bien moins généreux qu’annonce.
- Les suppléments invisibles : Des ingrédients ou accompagnements facturés séparément, alors qu’ils devraient être inclus dans le prix de base.
- Les portions réduites : Des assiettes qui rétrécissent d’année en année, tandis que les prix, eux, augmentent.
- Les boissons et desserts imposés : Des serveurs qui insistent pour ajouter une boisson ou un dessert à l’addition, sous prétexte d’une « recommandation du chef ».
Ces pratiques, bien que légales, frôlent souvent l’arnaque. Elles jouent sur la psychologie du consommateur, qui se sent redevable ou qui craint de paraître radin en refusant ces ajouts.
Comment éviter de se faire avoir ?
Pour ne pas tomber dans le piège des frais cachés, voici quelques conseils :
- Lire attentivement le menu : Vérifier si les prix incluent bien tous les éléments annoncés. Les mentions comme « supplément » ou « en option » doivent alerter.
- Poser des questions : Demander des précisions sur les portions, les accompagnements ou les frais supplémentaires avant de commander.
- Comparer les prix : Utiliser des applications ou des sites de comparaison pour évaluer si le rapport qualité-prix est équitable.
- Refuser les ajouts automatiques : Ne pas hésiter à décliner les suggestions de boissons, desserts ou accompagnements si elles ne sont pas nécessaires.
Les restaurants ont le droit de maximiser leurs profits, mais les clients ont aussi le droit de ne pas se faire arnaquer. En restant vigilant et en posant les bonnes questions, il est possible de profiter d’un repas sans vider son portefeuille.